‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 89 sur 99 · MARTON, JUSTINE · texte numérisé non relu

MARTON, JUSTINE

MARTON, rabaissant ses jupons.

Ah! ciel, je n'en puis plus, j'ai le dos écorché.

JUSTINE

Nous vous avons, Marton, cruellement traitée; Que n'ai-je pu, ma fille, abrég-er ce tourment.

Vous ne m'avez pas cependant Moins rudement époussetée.

JUSTINE

Si j'avais frappé mollement.

On m'aurait inflig-é le même châtiment.

Un jour que sur une novice J'exerçais ce cruel office.

Sensible à sa douleur, je ralentis mes coups; La prieure le sut et se mit en courroux. On punit ma pitié ; j'eus beau demander g-râce,

Il fallut me mettre à sa place.

Pardonnez donc, ma chère, à la nécessité

Mon excessive cruauté.

Adieu.

(Elle sort.)

MARTON

Fuis loin de moi, mégère impitoyable.

Je donne le couvent et les nonnes au diable.

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