SCÈNE PREMIÈRE Sœur AGATHE, MARTON
SŒUR AGATHE
Tout succède au gré de nos vœux, Marton, un jeune enfant m'attendait à la porte; Nos amants l'envoyaient ; viens vite, je t'apporte
La réponse de tous les deux.
Que je vais tendrement caresser mon jésuite !
Vois la lettre qui m'est écrite.
[Elle lit.
« Je rendrai, cette nuit, hommage à tes appas, « Nous ferons à Marton oublier sa disgrâce. « Reçois Priape dans tes bras « Sous le manteau de saint Ignace. »
MARTON
Si la vigueur du père égale son esprit,
Que ton sort est heureux! ma chère.
Voyons ce que Clitandre écrit.
[Elle lit.)
« Ce soir, à l'ombre du mystère, « Marton, je vole à vos genoux.
« J'en jure par l'amour, j'en jure par sa mère : « Votre amant fortuné sera digne de vous. » Ce billet est charmant.
SŒUR AGATHE
Chacun a son mérite.
Si celui de Glitandre est plus respectueux,
Je vois dans celui du Jésuite Un ton plus familier, plus vif, plus amoureux.
MARTON
Faut-il s'en étonner? Des transports de Glitandre Jusqu'ici ma sag^esse avait su se défendre. Maître de tes appas, le père est moins flatté
D'un bien qu'il a déjà goûté.
Mais, chut... j'entends du bruit... Ah! que je suis émue! On entre : où me cacher? Ah ciel! je suis perdue.