‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 92 sur 99 · SCÈNE PREMIÈRE Sœur AGATHE, MARTON · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE Sœur AGATHE, MARTON

SŒUR AGATHE

Tout succède au gré de nos vœux, Marton, un jeune enfant m'attendait à la porte; Nos amants l'envoyaient ; viens vite, je t'apporte

La réponse de tous les deux.

Que je vais tendrement caresser mon jésuite !

Vois la lettre qui m'est écrite.

[Elle lit.

« Je rendrai, cette nuit, hommage à tes appas, « Nous ferons à Marton oublier sa disgrâce. « Reçois Priape dans tes bras « Sous le manteau de saint Ignace. »

MARTON

Si la vigueur du père égale son esprit,

Que ton sort est heureux! ma chère.

Voyons ce que Clitandre écrit.

[Elle lit.)

« Ce soir, à l'ombre du mystère, « Marton, je vole à vos genoux.

« J'en jure par l'amour, j'en jure par sa mère : « Votre amant fortuné sera digne de vous. » Ce billet est charmant.

SŒUR AGATHE

Chacun a son mérite.

Si celui de Glitandre est plus respectueux,

Je vois dans celui du Jésuite Un ton plus familier, plus vif, plus amoureux.

MARTON

Faut-il s'en étonner? Des transports de Glitandre Jusqu'ici ma sag^esse avait su se défendre. Maître de tes appas, le père est moins flatté

D'un bien qu'il a déjà goûté.

Mais, chut... j'entends du bruit... Ah! que je suis émue! On entre : où me cacher? Ah ciel! je suis perdue.

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