MARTON, LE JÉSUITE
MARTON
Père, où va donc votre maîtresse?
Clitandre a marché sur ses pas, On nous a laissés seuls ; ne compterait-on pas Un peu trop sur notre sagesse?
LE JÉSUITE, embrassant Marton.
Clitandre m'enlève mon bien; Je vais me venger sur sa belle.
MARTON, souriant.
Punissons ce couple infidèle; Je ne vous refuserai rien.
LE JÉSUITE, promenant sa main sous la jupe de Marton.
Permettez que ma main s'empare
Du trésor qu'on livre à mes feux.
Souffrez, Marton, qu'elle s'égare
Dans le labyrinthe amoureux.
{Il place la main de Marton.) Saisissez-vous des biens dont la nature avare
Pour vous a voulu m'enrichir.
Sous vos doigts voyez-le grossir :
Priape, en feu, cherche un asile ; Daignez le recevoir.
MARTON
Je n'y puis consentir.
Eh ! qui pourrait le contenir?
LE JÉSUITE
Moins la route sera facile
Et plus nous aurons de plaisir.
(// attire Marton sur lui.)
De mon trait hâte-toi de te percer toi-même, Vite... vite...
MARTON, sur les genoux du Jésuite, s'agltant vivement. Ah ! mon roi, sens-tu comme je t'aime?