‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 94 sur 99 · MARTON, LE JÉSUITE · texte numérisé non relu

MARTON, LE JÉSUITE

MARTON

Père, où va donc votre maîtresse?

Clitandre a marché sur ses pas, On nous a laissés seuls ; ne compterait-on pas Un peu trop sur notre sagesse?

LE JÉSUITE, embrassant Marton.

Clitandre m'enlève mon bien; Je vais me venger sur sa belle.

MARTON, souriant.

Punissons ce couple infidèle; Je ne vous refuserai rien.

LE JÉSUITE, promenant sa main sous la jupe de Marton.

Permettez que ma main s'empare

Du trésor qu'on livre à mes feux.

Souffrez, Marton, qu'elle s'égare

Dans le labyrinthe amoureux.

{Il place la main de Marton.) Saisissez-vous des biens dont la nature avare

Pour vous a voulu m'enrichir.

Sous vos doigts voyez-le grossir :

Priape, en feu, cherche un asile ; Daignez le recevoir.

MARTON

Je n'y puis consentir.

Eh ! qui pourrait le contenir?

LE JÉSUITE

Moins la route sera facile

Et plus nous aurons de plaisir.

(// attire Marton sur lui.)

De mon trait hâte-toi de te percer toi-même, Vite... vite...

MARTON, sur les genoux du Jésuite, s'agltant vivement. Ah ! mon roi, sens-tu comme je t'aime?

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