SCENE II
LES MÊMES, SEIDLER. avec un violon. WITZ. avec un basson, LOF^ENSKI. avec un cor. CARLOS, avec un tambour de basque.
SEIDLER arrive par la terrasse: il fait signe à ses compagnons de le suivre.
I stt . Arrivez . a Heiler. d'un ton moitié solennel, moitié ironique. Nous venons saluer en passant l'illustre maître que dous avons vu entrerdans ce pavillon.
WITZ
Le prince de la fugue !
LORENSKI
Le roi de la cantate !
CARLOS
Le boulevard de l'oratorio !
HEILER se rengorge.
Assez de compliments, mes amis. Que faites- vous en ces parages?
NEIDLER
Nous allons à la répétition par le chemin du lac. L'Archiduc a commandé une sérénade pour ce soir, en l'honneur d'une grande dame russe en visite chez lui.
IIEILER
Vous n'avez pas vu Stéphane?
SEIDLEK, d'un ton pincé.
Mon illustre collègue est inabordable depuis qu'il est devenu le favori de son Altesse. Perdu dans ses élucubrations, il ne fait plus sa partie dans l'orchestre, et c'est moi qui suis premier violon, en attendant que le grand homme daigne reprendre sa place à mes côtés. Pourtant nous l'avons vu de loin tout à l'heure, tout près d'ici, avec son intime, Josy le tzigane.
IIKILKR
Commont, il est revenu, ce malandrin, ce mauvais ii'énic de mon élève!
SEIDI.ER
Oui, depuis ce matin. Ils avaient fair de se faire des confidences en marchant à pas lenls.
IIEILKK
Maudit boiiémien ! (a Martiii.) Le temps presse. Il faut que nous trouvions Stéphane! Viens!
i.lU'iliT el Marthe sorti-nl par le fond.)
AVrrZ. au foml de la terrasse.
Un arpège pour le prince de la fugue !
(Il joue un trait sur sipii bassnn.)