‹ Le théatre de l'âmeChapitre 49 sur 77 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

RONRAD, RUPERTUS, WILFRIED. Wilfried entre par l'escalier (lu fond et descend de la terrasse. Cotte de maille et heaume luisant, manteau rouge des Templiers avec la croix de Malte.

RUPERTUS

Le guerrier lumineux que ton regard contemple A nom Wilfried-le-Droit, frère en l'ordre du Temple, Ton futur compagnon, ton frère désiré.

Que tu retrouveras pour le combat sacré. Wilfried en Palestine attendra la croisade Et veut dès à présent te donner l'accolade.

KONRAD regarde Wilfried dans un grand étonnement avec une admiration timide et finit \>àv lialbutier.

Qui donc êtes- vous?

WU.FRIED

Ton meilleur ami.

KONRAD

Ami, frère prédestiné, Par la sagesse mon aîné.

Tu m'apparais comme un autre moi-môme.

Mais rayonnant de force en ton calme suprême.

WILFRIED

Tu veux la Vérité? Pour lutter, pour souffrir A son ordre je viens consacrer ton désir.

(Un silence.)

A genoux... non pas devant moi, Mais devant Dieu, le Christ et ses grands Anges.

(Konrad s'agenouille. Wilfried pose le plat de son épée sur la tète de Konrad.)

Par le gouffre de ta tristesse Et par l'éclair de ta jeunesse,

A ton divin amour Je te consacre dès ce jour.

Au nom de ton destin étrange

Sois chevalier de l'Ange ;

Reçois une àme neuve.

Après l'épreuve Et ses alarmes, Tu deviendras mon frère d'armes.

KONRAD

Quand donc ?

WILFRIED

Quand la croisade appellera.

Quand la fanfare sonnera.

KONRAD

Ah! quand sonncra-t-elle? Ah! quand te rejoin-

[drai-je?

WILFRIED

Après avoir vaincu le monstre qui t'assiège.

KONRAD

Vaincu le monstre?...

(Il lui donne la main et sort.)

WILFRIED

Adieu donc jusque-là !

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