‹ Le théatre de l'âmeChapitre 52 sur 77 · LA SPHINGE · texte numérisé non relu

LA SPHINGE

Toi qui reviens de la croisade.

Ha, ha ! pourquoi chercher ta gente?

Ha ! ha ! la belle n'est plus là.

Mais sous le lac, beau camarade.

Sous l'onde verte et transparente,

Un bras de fille,

Un sein qui brille Veille à ton cœur ! La Nixe est là !

KONRAD terrifié pousse un cri dtisespéré et tombe à terre.

Ah ! la Sphinge!

BERTHE avec un cri strident comme dune harpe qui se déchire.

Konrad !

(Alors les cierges s'éteignent et la sphinge monumentale se cambre à la lueur d'un foyer mourant, tandis que des yeux menaçants luisent sous une mitre, au fond de la chapelle. Les murs du vieux château craquent sous la tempête. On entend use infernale chevauchée et les aboiements des chiens. Tout crie et pleure à la fois. Quand les ténèbres se dissipent, on voit de nouveau les murs nus de la salle en ruines avec ses fenêtres vides. La muraille au fond de la chapelle s'est écroulée et l'on aperçoit, par l'ouverture, une forêt inextricable, éclairée par le plein soleil. Konrad est endormi sur son tas de pierres.)

KO.NRAD s'éveille en sursaut. Il ramasse son manteau et son arbalète, court à la chapelle dévastée et revient sur le devant de la scène.

Quoi! Ce n'était qu'un rêve ?... Où se perd ma

[pensée ?...

Je tenais dans mes bras Bcrthe, ma fiancée, J'étreignais mon bonheur, comme une immensité. .. Mais la Sphinge!... la Sphinge!... Elle a tout

(Il s'enfuit frappé d'épouvante.)

[emporté

RIDEAU

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