‹ Le théatre de l'âmeChapitre 55 sur 77 · LE COMTE PALATIN · texte numérisé non relu

LE COMTE PALATIN

Pauvre Konrad, je te croyais du cœur. Ta croisade est vraiment une triste patronne ; De qui donc as-tu peur?

KONRAD

Seigneur, je n'ai peur de personne.

KUNZ descend de l'estrade en agitant sa marotte et va tirer le cordon d'une tenture qui cachait un boudoir.

Eh bien ! regarde !

(Le rideau s'écarte et laisse voir, de profil. HUNOLD et HARTWIG assis à un guéridon et jouant aux échecs. Hunold en noir, costume espagnol ; Hartwig en pouritoint bleu, à rubans roses, une guitare en bandoulière. Derrière eux. un peu plus haut, dans le fond du retrait, GERTRUDE de HOHENSTEIN, à demi couchée, à demi assise sur un dis-an. Elle porte une robe de velours vert bordée de zibeline. Un peigne

gemmé (l'éiiiPiviiute? étincellp comme un iliadème sur ^^a chevelure rousse. Le coiule aiiimyi' siii' un cdussin, elle agite doucement son éventail à pliimi's de i>aon ]iiiille|é d'acier, et suit d'un œil attputif la partie d'échecs.)

lir.NOLD, avançant une pièce de l'échiquier.

EiCheC et mat ! (Ilartwig furieux renverse toutes les pièces de

l'échiquier.) A moi la victoire !

Et maintenant, dame de Hohenstein, M'accordez-vous le droit De porter vos couleurs, loi's du prochain tournoi?

HARTWIO

Il m'appartient, ce droit, Madame !

Ne sont-ce pas vos yeux d'azur Qui m'ont distrait? Oui, sur mon àme, Avec ce beau bleu, j'en suis sûr, Je serai vainqueur au tournoi.

GERTRUDE, à llunold.

Vous avez trop d'audace...

(A Hartwig.i

Et vous trop de candeur...

Je parlerai demain... quand je serai d'humeur.

Kl'N/, levant sa marotte.

Dans ce combat, superbe tentatrice, Un troisième champion est prêt d'entrer en lice. Dame de Hohenstein, lui lerez-vous échec?

C'est le seigneur de Felsenek.

GERTRIDE jette un regard de curiosité profonde sur Kcnuad. puis, étendant son éventail d'un geste gracieux, elle congédie Hunold et Hartwig. A jpart.

Page 1