‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 3 sur 149 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

L'ouvrage qui suit ri a point de prétention littéraire. Ce ri est, je le répète, qu'une compilation, où ri a rien à voir V amour-propre de styliste. J'ai compulsé des documents, mis en ordre des renseignements cueillis un peu sur tous les buissons, glané, de ci, de là, et, selon le mot célèbre « pris mon bien partout où je le trouvais ». Le plus possible, au courant du texte, fat indiqué les sources, et mieux que personne vous saurez vous convaincre de leur multitude, vous, Monsieur Delhasse, qui avez l'habitude de ces travaux.

Ici, nul système philosophique, aucun préjugé de critique, pas de théories. Je ri ai voulu que relater des faits. Si, par hasard, il passe un bout d'oreille, la responsabilité en incombe à l'histoire, et non à l'historien.

Dans les dentiers chapitres, j'ai tenté d'initier un peu le lecteur à l'existence de derrière le rideau, à cette vie de coulisses, que si souvent le public ignore, et dont il est toujours friand.

Je n'ai pas résisté au plaisir d'emmener avec moi quelques visiteurs.

C'est la partie lapins délicate, la plus dangereuse. J'aurais dû peut-être brûler ces feuillets, où j'ai mis en scène des personnages vivants, avec qui je suis en rapports quotidiens. Tant pis! Je ri ai voulu louer, blâmer ni juger personne, dans le griffonnage de mes modestes croquis. A défaut de talent, j'ai dessiné avec sincérité ces silhouettes qui rient, pleurent ou grimacent. Vous le remarquerez, mon cher Monsieur Delhasse, je n'ai tracé que les grandes lignes en biographie; soucieux de rester indemne du crime de lèsegalanterie, j'ai souvent passé sotcs silence quelques dates, qui se fussent dressées dans la vie des dames-artistes comme le « Mane, Thecel, Phares » du Festin de Balthazar. Trop de scrupule confinait au manque de savoirvivre. D'ingénieuses hypothèses suppléeront, pour qui voudra, à une réserve que je crois de bon aloi.

Et maintenant, je sais que tout lecteur est un juge. Je m'incline. Quelques « camarades » charitables insinueront peut-être que je fusse resté mieux dans mon rôle en songeant à jouer l'opéra comique qu'en essayant de tailler sans esprit la plume de Figaro. Je subirai quantité de remontrances qui se résumeront toutes en ces quelques mots, démarqués de Boileau :

Soyez plutôt chanteur, si c'est votre talent.

Il est probable qu'on m appellera « jeune présomptueux ». Encore une fois, tant pis! Je ne suis qu'un enfant en littérature, et j'invoque humblement le Maxima debetur puero reverentia...

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