VIII PREFACE
du passé, on retrace leurs premiers pas, on établit leurs répertoires, on rappelle le souvenir des grands artistes qui les ont illustrés, des auteurs, des musiciens de génie qui ont fait leur fortune et leur gloire.
Je vois qu'en Italie, depuis un certain nombre d'années, surgissent de tous côtés des publications relatives à l'histoire des théâtres les plus importants, de ceux qui ont joué un rôle dans l'existenee artistique de ce noble pays. Pour Milan, c'est le Teatro alla Scala, de M. Luigi Romani (1862), et le livre très intéressant de M. Pompeo Cambiasi sur la Scala et la Canobbiana (1872); pour Venise, c'est la Fenice, de M. Luigi Lianovosani (1878), et i Teatri musicali di Vene\ia nel secoloXVII, de M. Livio Nisio Galvani (1879) î pour Bologne, c'est Intorno al Gran Teatro del Comune e ad altri minori in Bologna, de Gaetano Giordani (i855); pour Gênes, c'est il Teatro Carlo Felice, de M. Cesare da Prato (1875) ; pour Padoue, c'est Dell Ar te e del Teatro di Padova, de M. C. Leoni (1873), etc. En Allemagne, les travaux historiques relatifs aux théâtres ne sont guère moins nombreux. En France, il devient difficile de les pouvoir compter, car chaque année en voit naître de nouveaux, et il serait malaisé, à l'heure présente, d'en dresser une bibliographie exacte et complète.
Et ce ne sont pas seulement les grands théâtres qui excitent la sollicitude des écrivains français. Si l'Opéra et la Comédie- Française, si l'Opéra-Comique et l'Odéon ont trouvé des historiens en foule, les autres scènes parisiennes moins importantes n'ont pas manqué de chroniqueurs pour retracer les péripéties de leur existence plus ou moins agitée. Et ce sont souvent des littérateurs en renom qui se sont attachés à portraiturer les plus infimes. N'a-t-on pas vu Jules Janin écrire X Histoire du Théâtre à quatre sous, et Champfleury jeter au vent ses Souvenirs des Funambules? On a été plus loin, et l'on ne s'est pas borné aux théâtres, grands ou petits; un flâneur a percé pour nous les Petits Mystères de l Ecole lyrique, un chansonnier nous a gratifiés d'une Histoire des cafés-concerts, tandis qu'un pseudo-moraliste nous faisait connaître les Bals publics de Paris et qu'un autre nous ouvrait Bouis-bouis,