‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 57 sur 149 · GOURIET · texte numérisé non relu

GOURIET

danseurs comiques.

mimes.

Danseuses.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Lesueur, première danseuse et première

mime.

Adeline, première danseuse.

Benoni, seconde danseuse.

Battier, Bartholomin,

troisièmes danseuses.

Seize figurants.

Seize figurantes.

Huit enfants.

Six élèves.

Orchestre.

MM. Ch. HANSSENS aîné, maître de musique. Dewindt, sous-chef.

8 premiers violons. — 8 seconds violons. — 3 altos. — 6 violoncelles. — 3 contrebasses.

— 2 bassons. — 3 flûtes. — 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 cors. — 2 trompettes. — 1 timbalier.

M. Monnier, régisseur.

Guillaume Cassel, né à Lyon, le 12 octobre 1 794, mort à St-Josseten-Noode lez-Bruxelles, le 9 septembre 1837, se destinait d'abord au barreau; mais, pour se soustraire à la conscription, il embrassa la carrière artistique. En sortant du Conservatoire de Paris, il alla en province; puis à l'Opéra-Comique, d'où il sortit à la suite de discussions assez vives avec Guilbert de Pixérécourt. Il fut nommé professeur au Conservatoire de Bruxelles, en 1833.

Elisa Verneuil venait de la Comédie-Française. En 1830, elle retourne à Paris, et elle entre successivement à l'Odéon et à la Gaieté; nous la retrouverons à Bruxelles en 1 84 1 et 1845.

Empressons-nous d'enregistrer deux innovations très heureuses :

Le succès remporté par quelques productions belges avait encouragé les auteurs du pays ; les manuscrits arrivaient en grande affluence. Pour en faire le choix, on institua un Comité de lecture.

Puis, sous la direction de Petipa, un Conservatoire de danse fut annexé au théâtre. Les cours se donnaient quatre fois par semaine

— les parents s'engageaient à laisser paraître les enfants sur la scène, si besoin était ; — un concours à l'admission dans le corps de ballet avait lieu tous les ans.

En juillet, éclate une affaire qui a passionné la ville et dont toute

26 avril, Mlle Lebrun, de la Comédie -Française, débute dans l'emploi des soubrettes; — 28 avril, MUe Schaffner, jeune amoureuse, Biaise et Babet ; — 5 mai, Cassel, baryton, Nouveau Seigneur du village, Zoraïme et Zulmar ; — 7 mai, Mlle Verneuil, delà Comédie-Française, l'Ecole des Vieillards; — 8 mai, Berthault, premier comique, Baudot, grimes, Mme Lesscher-Ternaux; — 11 mai, Ragaine, premier danseur; — 12 mai, Damoreau, première haute-contre, Joseph, les Deux prisonniers; — 13 mai, Mme Daudel, mère noble, les Femmes savantes ; — 19 mai, concert de Mlle Catherine Canzi, prima donna des théâtres de l'Italie; — 26 mai, concert de Sigismond Mond, violoniste, âgé de 15 ans, Mlle Dorus, cantatrice ; — ier juin, début de Mlle Marialny, Jean de Paris ; — 27 et 29 juin, représentations hollandaises de la troupe Majofski ; — du 12 juillet au 6 août, douze représentations de Mme Paul Montessu, première danseuse de l'Académie de musique de Paris. Aux trois dernières, parut son mari, danseur à l'Opéra.

la presse s'est occupée. On se rappelle les troubles survenus au sujet de M"e Lesueur. Celle-ci, dont la maladie persistait, se retira définitivement et fut remplacée parMme Benoni, le 26 juin. Quelques jours plus tard, il se produisit au théâtre une scène d'une extrême violence : Mme Lesscher-Ternaux, n'ayant pas eu la faveur de plaire et occasionnant certains désordres, une ordonnance des plus sévères fut publiée. Mais rien ny fit. Le s juillet, Mme Lesscher-Ternaux paraissait dans la Pie voleuse et était accueillie, comme à l'ordinaire, par des sifflets. Les agents de police veulent imposer silence, les siffleurs résistent; il s'ensuit une bagarre, dans laquelle la moitié du public est entraîné hors de la salle ; des attroupements se forment sur la place, la garde du poste arrive, on fait des arrestations, on transporte les blessés : une véritable émeute. Pendant ce temps, le même désordre régnait dans les coulisses. Deux acteurs se battirent le lendemain au pistolet et l'un d'eux eut plusieurs doigts de la main fracturés.

Mme Lesscher-Ternaux quitta Bruxelles dans les vingt-quatre heures. Une quinzaine de prévenus étaient mis en cause dans ce procès. Quatre jeunes gens, qu'on avait arrêtés, furent libérés sous

Du 4 septembre au 5 octobre, MIIe Folleville, qui avait commencé à Bruxelles par les rôles d'enfants, et qui revint, comme première chanteuse du Théâtre de Lyon, donne quatorze soirées; elle chante les opéras suivants : le Barbier de Séville (RosineJ,4 et 19 septembre, l'Irato (Isabelle), 6 septembre, la Jeune femme colère (Rose), 6 septembre, le Marquis de Tulipano (Velbina), 8 septembre, les Deux prisonniers (Clara), 8 septembre, le Concert à la Cour (Adèle), 10 et 26 septembre, le Calife de Bagdad (Késie), 10 septembre et 5 octobre, la Dame blanche (Anna), 13 septembre, le Billet de loterie (Adèle), 15 septembre, le Devin de village (Colette), 15 septembre, la Neige (Mllc de Wedel), 17 septembre, la Fausse Agnès (Angélique), 21 septembre et 5 octobre, le Petit matelot (Fulbert), 21 septembre, le Valet de chambre (Denise), 26 septembre et 3 octobre, le Maçon (Henriette), 28 septembre, le Bouffe et le tailleur (Célestine), 28 septembre et Ier octobre, Paul et Virginie (Virginie), 3 octobre ; — 24 octobre, première apparition de Mme Saint- Ange, Tableau parlant ; — 1" novembre, nouveau concert de Mond, Mlle Folleville, Mme Saint-Ange ; — 7 novembre, Constant, de passage, joue Delmar, dans l'Ecole des vieillards ; — \j novembre, premier concert d'Auguste-Charles de Bériot, qui s'intitulait alors violon de S. M. le Roi de France; — 16 novembre, Caroline Linsel(Mme Henri Monnier) remplace Mlle Schafner dans le Billet de loterie; — 14 décembre, nouveau ballet de Petipa, Jocko, ou le singe du Brésil; — 22 décembre, réapparition de Monrose, du Théâtre-Français, une seule représentation ; — 27 décembre, Brocken, élève de Drouet, première flûte de la chapelle du roi de Saxe, joue dans un entr'acte ; — 3 janvier, concert de François-René Gebauer, basson, et de sa fille Herminie ; — 22 janvier, début de M1Ie Bernardin, danseuse, dans Cendrillon; audition de Major, premier prix de piano du Conservatoire de Paris, qui joua des variations sur YdiirAu clair de la lune; — du 15 mars, série de représentations de M. et Mme Lagardère, premiers rôles tragiques.

caution; mais l'éditeur du Courrier des Pays-Bas, ainsi qu'un M. Levae, furent moins heureux ; Levae fut condamné à un mois de prison et lediteur à 50 florins d'amende, tous deux aux frais.

Des mesures rigoureuses furent prises pour l'avenir, et ainsi finit cette malheureuse affaire, qui avait un moment affolé le public de la Monnaie.

Au chapitre nécrologique de l'année, nous avons à enregistrer (25 septembre) la mort de Linsel (Pierre-Claude Peguchet), à l'âge de 52 ans. Les artistes célébrèrent un service funèbre, sous la direction d'Hanssens.

Le mois suivant (19 octobre) mourait, à Paris, Talma, qui avait été au nombre des Comédiens ordinaires du roi Guillaume. Le personnel de la Monnaie porta le deuil pendant quarante jours. On plaça au foyer le buste du grand tragédien, œuvre payée avec le produit d une souscription, et un spectacle fut donné à sa mémoire, avec une grande scène lyrique, intitulée : Hommage à la mémoire de Talma, paroles de Romieu, musique de Hanssens et de Cassel, ballet de Petipa.

Avant cette pièce de circonstance, on avait représenté une tragédie reçue à la Comédie-Française, mais interdite par la censure : La mort de Charles P\ 3 actes en vers, de Charles Ricquier. En voici la distribution :

Charles Ier M. Bouchez.

Marie-Henriette Mme Charles Ricquier.

Le duc de Glocester la petite Bouchez.

Cromwell MM. R*** (Charles Ricquier).

Bernardi, ministre chrétien envoyé de Rome . Folleville. Fairfax, Briginthom, Falklann, membres du

Parlement et de la Haute-Cour Falberg, Alphonse et Leroux.

Le 9 novembre, début de Mlle Dorus, dans le rôle de la Princesse de Navarre, de Jean de Paris. Cette artiste abordait les planches pour la première fois.

M"e Julie- Aimée- Josèphe Steenkiste — dite Dorus, du nom de sa mère — était fille du chef d'orchestre de Valenciennes,qui lui donna les premières leçons. Elle se perfectionna au Conservatoire de Paris et se produisit d'abord dans quelques concerts. L'administration du Grand Théâtre de Bruxelles, dont elle avait attiré l'attention, la confia à l'acteur Cassel; six mois après, son succès fut tel qu on lui signa immédiatement un contrat de trois ans. En 1833, elle épousa

M. Gras, premier violon de l'Opéra, et on sait combien est devenu célèbre le nom de Dorus-Gras. Née le 7 septembre 1804, ^a respectable femme est aujourd'hui la doyenne de toutes les actrices de France et de Navarre.

Le 27 novembre, concert de musique italienne, singulièrement accueilli par le public. M"c Pagliardini, Mme Iseglio, M. Franceschi s'y faisaient entendre. Donnons, pour terminer, le récit humoristique de cette soirée par le journal l Aristarque :

Concert Italien au Grand-Théâtre.

De mémoire de musicien, on n'a entendu un concert plus grotesque que celui qui a eu lieu lundi dernier (27 novembre) à la grande salle de spectacle, en présence de deux cents amateurs, alléchés par la musique de Rossini et de Cimarosa, et par des noms italiens. Et quels étaient les acteurs de ce concert ? Un vieux bouffe, dont la figure est calquée sur celle du fameux grimacier de Tivoli, à Paris; ayant usé depuis longtemps sa voix dans les rangs d'un théâtre de troisième ordre ; et, dans l'impossibilité où il est de se faire entendre, voulant à toute force se faire remarquer par ses contorsions; à cela près, ne manquant pas d'aplomb.

Un ténor à la figure chaffouine et au teint cuivré, pourvu d'une de ces grosses voix rauques, excellentes pour crier au feu, et passant du doux au grave avec une brusquerie d'intonation capable de faire pouffer de rire le plus grave habitant d'Amsterdam.

Une prima dona, à qui on aurait tenu compte d'un peu de voix, de méthode et de goût, s'il lui avait convenu de chanter juste, mais filant des sons faux avec une assurance imperturbable.

Une petite personne assez gentille,

Et de quinze ou seize ans doucement tourmentée, possédant tout juste autant de voix qu'il en faut pour chanter dans un repas de famille : Ah! vous dirai-je, maman, etc.

Et enfin, une espèce de figurante, dont la tournure, la figure et la voix sont également insignifiantes, et qui se trouvait là comme une cinquième roue à un carrosse.

Pour compléter le tableau de cette soirée, on peut y joindre le parterre le plus poli et le plus galant, applaudissant ce qui aurait mérité cent coups de sifflets, faisant taire les murmures et les ris ironiques, et rappelant, par son indulgence, ce mot si connu : il faut que chacun vive.

Comédie et Tragédie.

Acteurs.

Messieurs :

Charles Ricquier, premier rôle.

Folleville, pères nobles.

Bouchez, forts jeunes premiers.

Lemoigne, jeune premier.

Duval, financier.

Falberg, pères nobles.

Berthault, premier comique.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Charles Ricquier, premier rôle.

Verneuil, jeune première.

Roussellois, caractères.

Daudel, mères nobles.

Lebrun, soubrette.

Lemoigne, deuxième amoureuse.

Caroline Linsel, troisième amoureuse.

> deuxièmes comiques.

Perceval,

Juillet,

Baudot,

Biget,

Alphonse, troisièmes comiques.

Louis,

Vautrin.

Margery, Aglaé,

rôles de convenance.

grimes.

rôles de convenance.

Chanteurs.

Messieurs :

Damoreau, ■

Delos, / hautes-contre.

Fouchet, '

Cassel, barytons et concordans.

Adolphe,

Dessessarts,

Perceval,

Juillet,

Falberg,

Alphonse,

Leroux,

Louis,

Alexandre,

t premières basses-tailles, hautes-contre comiques.

deuxièmes basses-tailles

Opéra.

Chanteuses.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Lemesle, \

Dorus, > premiers dessus.

Sallard, '

Constant-Langlade, deuxième dessus.

Roussellois, première duègne.

Daudel, mère Dugazon.

Caroline Linsel, deuxième chanteuse.

Eugénie Fay, coryphée.

Margery,

Vanhamme, Aglaé,

rôles de convenance.

Dix-huit hommes.

Danseurs.

premiers danseurs.

Messieurs :

Petipa, maître de ballets et premier mime

Leblond,

Laserre,

Stroyhaver, deuxième danseur.

Laurençon, )

mimes.

Calais, )

Bartholomin, rôles nobles.

Gouriet, pères.

Chœurs.

Dix-huit femmes.

Ballet.

Danseuses.

Mesdames et Mesdemoiselles Martin,

Seize figurants.

Leroux, (

Leblond

Adeline

Batier,

Bartholomin,

Margery,

Gosselin,

Pauline, coryphée.

Seize figurantes. Huit enfants

premières danseuses.

deuxièmes danseuses.

mimes.

Orchestre.

MM. HANSSENS aîné, maître de musique.

Daubigny, répétiteur.

HANSSENS^ewne, répétiteur des chœurs.

Quarante-quatre musiciens.

M. Monnier, régisseur.

L'administration des théâtres royaux était confiée, comme précédemment, au Ministre de l'Intérieur et au comte de Liedekerke, grand-maréchal du palais.

Mlle Cinti, première chanteuse de l'Opéra et du Théâtre Italien, ayant eu des difficultés avec l'Académie de Musique, vient donner quatre représentations, du 26 juillet au 3 août, et c'est pendant ce temps qu'elle épouse le ténor Damoreau.

Au bout de six mois, celui-ci, — se trouvant probablement isolé, loin de sa nouvelle épouse, — va la rejoindre à Paris, sans souci de ses engagements. Le 7 avril, on annonce un changement de spectacle, « vu l'absence de M. Damoreau, en contravention de ses traités avec l'administration ». Cette fugue fut vertement critiquée. On en voulait au ténor du mépris qu'il montrait à l'égard du public, de son directeur et de ses camarades. Un journaliste voulait apprendre à tout Paris que Damoreau ne faisait pas seulement « des solécismes en chant, mais encore en conduite ». La Commission Royale fit assigner l'artiste, et le tribunal le condamna à payer « 2,835 florins, par lui dus à la caisse des pensions, plus les intérêts de cette somme et de toutes autres qu'il pourrait devoir, avec dépens et dommages-intérêts ».

Ce départ donna lieu à un autre incident, sur lequel la lettre suivante va nous éclairer entièrement :

A Messieurs les rédacteurs de la Sentinelle.

Messieurs, un journal a dit, et d'autres ont répété, que MM. Cassel et Dessessart avaient été dimanche dernier accompagner leur camarade Damoreau, partant pour Paris : qu'arrivés à Hall, ils s'étaient livrés à des libations bachiques telles, que, de retour à Bruxelles, ils n'avaient pu remplir les engagements par eux contractés de chanter au concert de la Société d'Apollon.

Pleins de respect pour le public, auquel nous eussions essentiellement manqué, nous nous

23 avril, Desroches, du Grand Théâtre de Lyon, joue Victor, dans les Comédiens ; — du 25 avril, quatre représentations de M. et Mme Lagardère; — 26 avril, débuts des danseurs M. et Mmc Leblond, MUe Leroux ; — ier mai, début d'Adolphe, première basse-taille, Rolando, de la Caverne; — 7 mai, Laserre, premier danseur dans la Fille mal gardée; — 10 mai, Mme Mariin, première danseuse et mime, Nina; — 21 juin, Foignet, du Théâtre de Gand, chante Figaro du Barbier de Séville ; — 28 juin, Mme Sallard, première chanteuse, débute dans Montano et Stéphanie; — 5 juillet, concert des frères Bohrer ; — 7 août, Romainville, élève de Paulin, se fait connaître dans le Légataire Universel; — 10 août, Mmc Delonghi-Mœser, première harpiste et directrice des concerts de Berlin; — 13 août, concert du pianiste Camille Petit ; — 23 août, concert du flûtiste Drouet; — 10 septembre, reprise de l'opéra indigène Teniers ou la Noce flamande; — 23 octobre, concert de Mlle Caroline de Belleville, pianiste de Munich, Borini, basson ; — du 3 décembre, série de représentations de Derivis ; — 3 et 7 janvier, représentation de Mmc Chevalier-Branchu ; 28 février, M"c Perceval, danseuse de l'Opéra de Paris, Mazas, violoniste ; — 12 mars, Harndorff, chef de musique du régiment suisse n° 31, se fait entendre dans un entr'acte ; — 21 mars, premier début de Virginie Maufou, élève de Bouchez, les Fausses infidélités.

devons de déclarer qu'il est faux et 'rès-f >u\ q-ie nous sovons a'iés à Hall, Que moi Ca sel, avais prévenu les administrateur- du concert qu'ét nt. aprè- la représentation du Siège de Corinthe, hors d'état, non-seulement de chanter mais même de parler, ih ne comptassent pas sur moi. Mon indisposition était telle que je ne sortis pas de ma chambre les dimanche et lundi.

Que moi, Dessessart, ai prévenu MM. les directeurs du concert, et ce depuis près de quinze jours, que ne chantant à aucun concert public ou particulier, je les priais de ne point me porter sur le programme ; que je n'ai assistée aucune répétition, et qu'il était bien convenu que je ne chanterais pas.

Je déclare que dans la journée de dimanche, je ne suis sorti de chez moi que pour me rendre à la loge de VEspérance, où des devoirs particuliers m'appelaient.

Il serait indigne de nous, Messieurs, de chercher à nous disculper du vice honteux dont on ose nous accuser; et notre seul but, en vous priant d'insérer cette lettre dans votre journal, est d'informer le public que l'on nous a injustement et faussement accusés.

Nous sommes avec la considération la plus distinguée.

Vos très humbles serviteurs,

Dessessart. Cassel.

Bruxelles, le 4 avril 1828.

Spectacle gratuit — en matinée — le 14 août, pour le Roi des Pays-Bas et à l'occasion de sa fête : Le Déserteur, ballet de Daubervallet, le Pensionnat de jeunes demoiselles, opéra de Devienne.

Le 12 septembre, concert de Julius Miller, compositeur, ex-premier ténor de l'Electeur de Hesse-Cassel et du duc de Cambridge. Le flûtiste Drouet et le jeune Artot lui prêtèrent leur concours. Alexandre- Joseph Montagney, dit Artot, page de la musique de Charles X, roi de France, avait vu le jour à Bruxelles, le 25 janvier 181 5 ; élève de Snel, il joua devant le Roi Guillaume Ier, à l'âge de 6 ans et, plus tard, le Conservatoire de Paris l'admit au nombre de ses pensionnaires. Il devint célèbre à l'égal de ses émules : Bériot, Vieuxtemps, etc., et mourut à Ville-d'Avray, près Paris, le 20 juillet 1845, au moment où il venait de recevoir l'Ordre de Léopold.

Le baron de Peellaert donne un nouvel opéra le 25 septembre : L'Exilé, 2 actes, paroles de Ach. Dartois, Anne et de Tully. Cette pièce avait été jouée, l'année précédente, au Vaudeville de Paris.

En octobre, Mlles Romanine, artistes orichalciennes, nous ramènent les spectacles forains.

30 mars, grand concert, par la Société d'Apollon, au bénéfice de la Caisse de retraite ; — 9 avril, première apparition de Mimi Dupuis, célèbre danseuse de l'Opéra de Paris; — du 10 au 16 avril, trois représentations de Lafeuillade; — 18 avril, dernière représentation de Bouchez.

Déjà, on avait eu le célèbre Mazurier, premier mime et premier danseur comique de la Porte Saint-Martin. On raconte de lui les choses les plus étonnantes. Il était disloqué d'une façon inimaginable, d'une force peu commune et d'une adresse surprenante. Mazurier, considéré comme un véritable artiste, avait le talent d'un mime plein d'expression, excitant tour à tour le rire et les larmes. Dans un petit drame, intitulé Jocko, ou le singe du Brésil, après avoir égayé toute la salle, cousu dans sa peau de singe, par les gambades et les contorsions les plus extraordinaires, il arrachait des pleurs de tous les yeux par le spectacle de sa mort, bien que le masque dont son visage était recouvert ne lui laissât que le regard et le geste pour exprimer ses angoisses et ses souffrances. « C'est lui qui exécuta, le premier, l'exercice périlleux qui consistait à sauter sur le rebord des loges et des galeries, en costume de singe, et à faire ainsi à quatre pattes le tour de la salle deux ou trois fois, aux divers étages, excitant les cris de joie , de gaieté ou de frayeur des femmes ou des enfants. » (1)

Pendant neuf représentations, il parut dans Jocko et dans Polichinelle vampire, ballet qui lui donna l'occasion de danser un pas sur des échasses. Il se montra même dans un vaudeville à transformations, où il jouait trois rôles. Quelques mois après, Mazurier mourait d'une maladie de poitrine, à peine âgé de trente ans.

Les 12 et 14 décembre, l'affiche porte :

Par extraordinaire. — Les Chefs guerriers et Femmes Osages, au nombre de six, assisteront à cette représentation, placés au fond de la première galerie, en face du Théâtre.

Quelques jours plus tard, il y eut à la Monnaie une telle affluence qu'on dut refuser du monde. La plus célèbre cantatrice de l'époque, Henriette Sontag, donnait son premier concert. Elle venait de Berlin pour se rendre à Paris, où elle débuta au Théâtre Italien.

On sait qu'elle épousa ensuite le comte de Rossi.

1827-28. — Ouverture, le 20 avril.

Comédie et Tragédie.

Acteurs. Actrices.

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles :

Charles Ricquier, premiers rôles.- Charles Ricquier, premiers rôles.

Jenneval, jeunes premiers. Verneuil, jeunes premières.

(1) Pougin. Dictionnaire du Théâtre.

Lemoigne, jeunes premiers et seconds amoureux.

Folleville, pères nobles.

Duval, financiers.

Bosselet, troisièmes rôles.

Berthault, premiers comiques.

Juillet, Perceval,

Alphonse, troisièmes comiques.

Vautrin, rôles de convenance.

seconds comiques.

Lemoigne, deuxième et troisième amoureuse, Caroline Linsel, troisième amoureuse.

Lebrun, soubrettes.

Roussellois, caractères.

Daudel, mères nobles.

Bosselet, deuxièmes caractères.

Margery, utilités.

Chanteurs .

Messieurs :

Alphonse Dapreval, Delos,

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