‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 7 sur 149 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

applaudir. L'histoire du plus grand théâtre de Bruxelles écrite par un Parisien de Marseille, c'est un lien de plus, si léger qu'il soit, entre la Belgique et la France, entre ces deux pays qui s'aiment, qui s'estiment, et que l'emploi d'une langue commune, joint à un fréquent et naturel voisinage, ne pourra jamais qu'attacher davantage l'un à l'autre. Il me plaît, je le confesse, qu'il en soit ainsi.

Un chanteur qui se fait l'historien du théâtre auquel il a appartenu, où il a fait apprécier ses rares qualités artistiques, où il a obtenu de vifs et nombreux succès, le fait est nouveau (je n'en sache pas, pour ma part, d'autre exemple) et ne manque ni de saveur ni d'originalité. Mais comment cette pensée est-elle venue à M. Isnardon d'écrire l'histoire du Théâtre de la Monnaie? C'est là une question à laquelle je ne pourrais répondre, car je n'en sais absolument rien, et peutêtre ne le sait-il pas lui-même davantage. D'ailleurs, qui pourrait dire quand et comment nous vient, à nous autres écrivains, l'idée de traiter tel ou tel sujet? Cette idée germe à notre insu dans notre esprit, sans que la plupart du temps nous puissions nous en rendre compte.

Il est vrai que M. Isnardon n'est pas un écrivain de profession. Mais c'est là qu'est précisément le côté intéressant et curieux de sa tentative — tentative singulièrement heureuse, car il a réussi du premier coup à faire un livre à la fois utile et attrayant, ce à quoi nous autres, qui avons l'expérience et la pratique des choses, ne réussissons pas toujours. Du monceau de papiers et de documents divers qu'il a dû chercher, découvrir, soulever, colliger, mettre en ordre, pour choisir et réserver ensuite ceux qui lui pouvaient être utiles, pour en prendre le suc et la moelle, pour les présenter au lecteur dans un ordre rationnel et logique, dédaignant ceux-ci, émondant ceux-là, les éclairant tous d'une réflexion piquante, d'un rapprochement curieux, d'une idée ingénieuse, il a su tirer le meilleur, le plus complet et le plus heureux parti.

Ce n'est pas, et il faut bien le constater, que tout fût absolument inconnu dans ce qu'il a su réunir ici. Quand j'ai dit qu'il n'existait point d'histoire du Théâtre de la Monnaie,

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