JUL1B
Prends garde k ton chignon ; si tu bouges I MADAME ARGOT, avec un mouvement violent, et reUnim par Nicolas.
Jour de Dieu !
NICOLAS
Laissez donc.
J'y arrache les yeux, j' la griffe.
BBAMEN.
Cela s'échauffe.
JULIE
Voyons donc ponr voir, mam' Angot.
MADAME ANGOT, 8*élançant sur elle.
Ah ! tu me provoques, Margot.
(Elles se battent) LB PACHA, feignant la colère, et les séparant. C'en est assez.
MADABfE ANGOT.
Y faut que jYétrangle.
NICOLAS
Mettez donc le holà.
LE PACHA
Finissons.
MADAME ANGOT, trépignant.
£t l'on ne me venge pas ? On ne l'écrasera pas devant moi ?
JULIE
Tenez, tenez le rigaudon, la dans' des oies. LE PACHA, feignant de se fâcher, 0 Mahomet 1 c'est combler la mesure.... De par l'Empereur....
JULIE
Est-ce ma faute, si....
LE PACHA
Paix.
Faites-la jeter par les fenêtres.
LE PACHA
Savez-vous qui vous attaquez ? Le choix du Grand-Seigneur.
Celle qui va t'ètre sultane dans trois quarts d'heure ; rien qn ça ; ton compte est bon, va.... »
k BÉVOUUTIOS.
raient U foole 1
Et la pièce finissait par mille folies qai alliraient la m théâtre de i'Anibigu. C'iSlait toujours Corsse qui jouailmaanie Angol. D'ajirès Fleury, cet acteur appelait tout Paris, Paris des salons et celui des greniers, tandis que U re- .oraraee de la pièce s'étenjail de la ville aux faubourgs, franchissait la barrière et faisait venir l'étranger dans la capiile:
• Cinq cent mille personnes coururent à miidarae Angol. Pour Ini faire lisile, ton'» '' bonne société du temps se donnait rendez-vous chez et dans les loges d'app.irsl,
tous les amateurs de la ru lletard se rendaient an pnr-
terre. L'Europe envoyaii ss représenlanls. J'y ai vu
' entrer d'honnèles ouvriers jras nos, le bonnet de laine r l'oreille el le tablier d r en sautoir, coudoyant des —iibassadeurs qui avaient c ndë la pièce. Les jours privilégiés, la salle était écla i bougies, > Et pendant ce temps, le , Maillot voyait la vogue el la fortune aller k celui qui lui avait dérobé sa création.,. Sic vos non vobis I
Madame Angot a porté bonbenr à l'opéra coniiqae de Clairville, Giraudin, Koning et Lecocq, représenté avec tant de succès le 31 février 1873 aux Folies-Dramatiques. Qui n'a entendu chanter ta fameuse légende :
• Marchande de marée,
• Pour cent mille raisons > Elle était adorée
• A la halle aux poissons, • etc.
Le type de madame Angol n'a pas disparu. Il existe encore parmi nous sons une forme moins popnlacière, moins tapageuse, il est vrai, mais tout aussi ridicule.
Attequin n'est pas, à proprement parler, un type créé par le thâfttre révolutionnaire. Il remonte an début dn xth* sièck
et nons vient d'Italie. L'étymologie de son nom Tindique assez : < Il lechino — Al lechino *, le gourmand, le lécheur (le plats Les premiers acteurs qui jouèrent le rôle d'Arlequin furent Locatelli^ Biancolelli, Gherardi.
Mais comme le type d'Arlequin se prêtait admirablement à rignorance, à la naïveté, à Tesprit, le théâtre de la Révolution l'exploita et c'est ainsi qu*il donna Arlequin afficheur (1)> Arlequin tailleur (2), Arlequin imprimeur (3), Arlequin perruquier (4), Arlequin sculpteur (5), Arlequin journaliste (6), etc., etc.
Arkquin tailleur aime la fille de madame Dulinon^ lingère» qui veut pour gendre l'écrivain, M. Discret. Mais Arlequin découvre, en prenant mesure à M Discret d'un habit, un billet doux à une maîtresse. Cette découverte de l'indiscret Arlequin lui assure la main d'Isabelle.
Arlequin imprimeur déclare que ses camarades qui impriment des ouvrages contre-révolutionnaires sont aussi coupables que les auteurs.
* L'un invente une arme cruelle « Contre la patrie ou les mœurs...
« L'autre centuplant son modèle « Étend ses effets destructeurs.
« Ah î périsse tout homme impie « Qui, profanant un droit sacré,
(1) Comédie de Pîis, Desfontaines et Barré représentée sar le théâtre da Vaudeville pd 1792.
(i) Comédie représentée le 29 jaillet 1793 sur le même théâtre.
(3) Comédie représentée le 16 juin 1794 sur le théâtre de la Cité-Variétés.
(4) Opéra-vandeville de Roland et Glairville représenté le 3 février 1794 snr le même théâtre.
(5) Comédie de Vjller et Armand Gonffé représentée le 7 mars 1795 sur le théâtre des Variétés (Palais-Royal).
(6) Comédie de Dnpaty représentée le 17 décembre 1797 sur le théâtre da Vandeville.
\ BKVQLCTION.
Arlequin perruquier se félicite devant sa maîtresse Conbine de voir les modes reHeurir. Colombine partage sa
• Cm sous les Robespierre ' Tout riloit aux abois...
' Et ]e ins sans rien (aire
• An moins pendant six mois.
• Jfi is . Ni ruuaiis, i l.
• Pas même u i
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• Et plus d'un.
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• En a perdu
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• On uiettojtil
l à. bas.
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lenanl on n'est plus dnpe de
■ ces messieurs-)i et l'on ^a.. .
li s'en tenir sur leur comple :
« Tons les patriotes de nom
■ Qui n'en avoient que les grimaces
• N'aim oient la Révolution
• Que pour en occuper les places.
• Uùs leur système est découvert...
« A nos -yeuï les vrais patriotes
• Ne sont plus ceux qui, comme Hébert, « Allectoient d'être sans- culottes.
AIILEQUIH.
• Et depuis le nenf thermidor
• Notre joie est plus pare.
• Nous voyons reparoltre l'or
> Les bijoux, la parure :... • Arlequin iculpleur vend avec profit les bustes de Rousseau, de Voltaire et de Franklin et se moque de son voisin Gilles qui fait de mauvaises affaires avec les bastes des Jacobins,
ARLEQUIN, montrant le buste de Marat,
* Sous le règne de la Terreur < On vit la timide innocence
« De ces bustes qui font horreur
* Garnir ses foyers par prudence...
Parlé. « Mais aujourd'liui qu'on est vraiment libre,
« On ne voudra plus d'un portrait
« Dont le féroce caractère
« A chaque instant rappellerait
« La mort d'un époux ou d'un père !