MALLARMÉ
Nous avons trouvé la réponse à cette lettre dans un rapport du Eureau ies i^uséçs, bibliothèques, théâtres et fêtes nationales :
Paria. It 3 ventôie an VI (99 léTrier 179S).
« Les chants républicains qui ont été gravés ne sont point,
« pour la plupart, d'un intérêt général. Ils ont presque tous
• él4'Siits pour des circonstances qui n'existent plus. Une oom-
< pagttie particulière en avait fait graver plusieurs : mais elle a « discontinué cette entreprise^ parce qu^elle n'en retirait pas
• 8#s frais. C'est une vérité triste à avouer : excepté deux ou
< trois morceaux très-connus, nous n'avons presque rien de « bon enehants patriotiques. Il faudra à l'avenir exeité (sk) le
• Kèlé des poètes par des récompensés. On en proposera
< incessamment les moyens au ministre. >
Le Bureau ajoute que l'envoi des chants à Bruxelles coûtera 623 francs, et Le Tourneur écrit en note que: « Vu la dépense
(t) ^roh^Tes natioi^ale^*
< qui résultera de cet envoi gratuit, il n'y a pas lien de « mettre cet envoi à la charge du gouvernement (1). »
Les airs patriotiques chantés par ordre étaient donc : la Marseillaise, le Çaira^ Veillons au salut de TEmpire, le Chant du Départ. Il faut y joindre la Carmagnole.
A ces airs patriotiques les Jacobins ajoutaient en plein spectacle des gentillesses de ce genre sur Fair de « Vive Henri IVI * :
< Aristocrates^
« Vous voilà confondus I
« Le démocrate
« Vous f... la pelle au c...
« Aristocrates,
« Vous serez tous pendus! »
Les muscadins y répondaient par le Réveil du Peuple, « ce chant homicide » qu'interdisait l'arrêté du Directoire du 18 nivôse an IV. L'auteur des vers, Souriguières, dit de Saint- Marc, était presque inconnu. Il avait donné, en 1792, au théâtre du Marais une mauvaise tT3Lgéàïe,*Artémidoreou le Roi citoyen» . Plusieurs mois après le 9 thermidor il composa une chanson contre les Jacobina, l'intitula le Réveil du Peuple et l'apporta à Favart qui en écrivit la musique (germinal an III — mars 179S). La réaction thermidorienne s'en empara et fit à cette chanson une véritable célébrité. L'ex-jacobin Lays fut le premier qui la chanta à l'Opéra.
Après les chants que nous venons de citer, les hymnes et odes patriotiques de la Révolution les plus connus sont les suivants :
Hymne pour le 14 juillet. — M.-J. Ghénier. — Gossec.
Hymne à l'Etre suprême. — Th. Désorgues.— Gossec.
(1) Archives nationales.
LES GENS DE THÉÂTRE. i83
La Patrie reconnaissante ou TApothéose de Beanrepaire. — Lebœuf. — Candeille.
Hymne à la République pour le 1®' vendémiaire. — Musique de Jadin.
Ode à l'armée française. — Lesur. — Jadin.
Chant de victoire. — Musique de Méhul.
Hymne pour la fête de la Jeunesse. — Musique de Cherubini.
Hymne à la Fraternité. — Th. Désorgues. — Cherubini.
Chant du 10 août. — Musique de Gatel.
Hymne à TEgalité. — M.-J. Chénier. — Catel.
Hymne à la Liberté. — Musique de Rigel.
Hymne à la Liberté. — Musique de Langlé.
Hymne pour la fête de l'Agriculture. — Musique de Lesueur.
Hymne pour la fête de l'Agriculture. — Paroles de la citoyenne Thaïs Pipelet, depuis comtesse de Salm. — Musique de Martini.
Hymne pour la fête de la Vieillesse. — Musique de Lesueur.
Chant du !•' vendémiaire. — M.-J. Chénier. — Martini.
Chant de vengeance. — Rouget de Tlsle (1).
(1) Voy. Larousse, Chants nationaux* (C. III, p. 936.)