‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 28 sur 137 · M"»« BROCHURE. M"« JOLI · texte numérisé non relu

M"»« BROCHURE. M"« JOLI

GORGi, faiseur de feuilles, dazincourt.

FATRAS, avocat général, dugazon.

RATURE, censeur royal, vanhove.

CABRIOLE, maître à danser, dugazon.

GRISANTE, gentilhomme breton, laroghellb.

NICOLAS, paysan, bellemont.

Il est facile de résumer une pièce aussi simple. Épiménide dort depuis cent ans. 11 se réveille et apprend avec joie que le descendant de Louis le Grand a préféré la ville de Paris au triste séjour de Versailles ; qu'il ne s'entoure pas d'une garde étrangère ; qu'il dédaigne une cour fastueuse ; que la plupart des abus ont disparu; que les conseils du prince sont tous les honnêtes gens. La censure n'est plus^ les philosophes sont respectés, le paysan se félicite de voir les dimes abolies et de lire les Droits de l'homme. Un abbé pleure ses bénéfices disparus; un tailleur est soldat de la garde nationale, un procureur est grenadier, et le nolaire, capitaine. Leur chef, d'Harcourt, s'écrie ;

€ Nous sommes tous guerriers et le roi des Français c Compte autant de soldats qu'il compte de sujets. >

Et le bon Épiménide, ému, dit au parterre :

« Maître de ma destinée, « Roi des hommes et des dieux, « Si ma course est terminée, « Que je vive dans ces lieux I « S'il faut qu'encor je sommeille

< Exaace an moins mes sonhaits ; « Fais toujours que je m'éveille t Au milieu des boas Français I »

< Cetta piôce^ dit la Gazette nationale^ est pleine de tnite < ingénieux relatifs aux circonstances. Le dialogue M m^ « turel, les vers faciles, les contrastes piquants. .. deux ^rm « ont exoitë l'enthousiasme. Les voioi :

< Au seiu de ses enfants que peut craindre un boa pore? « Plus il est vu de près et plus il est aimél >

Dans « le District de village (i), ambign en un acte » ifprésenté le 15 mars 1790 par les Comédiens italiens ordinaifeB du Hoi| le marquis et la marquise de Yalmont ayant renoacé à leurs droits et à leurs privilèges, le district s'assemble pour les féliciter. On couronne de fleurs le buste du Roi e( Sophie, fille du marquis de Yalmont, chante :

« L'autre jour dans mes vers, j'adressais mon hommage Au meilleur de tous les Henris. (jermeuil survient, lit mon ouvrage, Bt m'avertit qu'à chaque page Pour Henri j'avais mis Louis.

Quoi ! vraiment, tu ne t'es mépris • Ni sur le sens^ ni sur les rimes, Reprit ce brave citoyen.

Dans nos cœurs comme dans le tien Ces deux noms-là sont synonymes I »

Ces tendres sentiments font bientôt place à la haine et à la vengeance. Le bon Père, le bon Roi, le Restaurateur de la Liberté est couvert d'opprobres, et le même capitaine de la garde nationale, Ph. Ronsin, qui avait fait jouer Lotiis XII ou le Père du Peuple, donne au théâtre Molière le 18 juin 1791 < la Ii(/««

(1) A Paris, chez Lawalle, 1790.

LH NOUVEAU MOMDS4 M

dei FanaUqun et des Tyram » (i)^ où il insulte les rois, les prêtres et les émigrés.

La Voyageuse extravagante corrigée, comëdie en an acte et en proee (2), est nne satire de la fuite de Yarennes. Marie- Antoinette y est mise en scène sons le nom de madame Bertrand et le roi y joue le rôle d'un pauvre imbécile.

Le 2i janvier 1793, Louis XYI est conduit à Téchafaud. Deux auteurs^ Aignan et Bertbevin, font seuls preuve de courage en écrivant une tragédie en trois actes intitulée < la Mort deLouiê XVI* (3), énergique protestation contre le jugement de la Convention nationale.

Deux jours après le supplice de Marie-Antoinettei le i8 octobre 1793, Sylvain Maréchal donna au théâtre de la République rue de Richelieu, une prophétie en un acte et en prose, « le l'arment dernier des Roia » (4)* < De tous les ouvrages « joués pendant la Terreur, cette pièce est sinon la plus « atroœ, du moins la plus propre à faire connaître jusqu'à

< quel point on avait dégradé l'art dramatique (5). > Michot jouait l'impératrice de Russie, Dugazon le Pape, Baptiste jeune le roi d'Espagne, Grandménil Tempereur d'Autriche. Voici quelques détails sur cette pièce :

Le théâtre représente < une lie à moitié volcanisée. Sur un

< des côtés de l'avant-scène quelques arbres ombragent une « cabane, sur laquelle on lit ces mots :

« Il vaut mieux avoir pour voisin < Un volcan qu'un roi I

< Un sans-culotte français y débarque avec quinte sans-

(i) A PiHi, «b«ft Gaillanme junior, 1791.

(2) Paris, 1791.

(3) A Paris^ chez les marchands de nonTeautés.

(4) A Paris, chez Patris, an ii.

(5) Etieiwe et Mar^iQviUe, t. III, p. 117,

« culottes d'Europe qui amènent chacun leurs souverains «i- « chaînés par le col.

Page 1