‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 46 sur 137 · LA MÈRE GÉRARD · texte numérisé non relu

LA MÈRE GÉRARD

« A quoi serviraient donc les décrets que notre homme nous a envoyés et dont le sens est que tous les hommes se valent ; que le bon Dieu n'a pas deux manières d'en créer ?» Tout le village se met en fête pour recevoir le père Gérard, éramon, sur les instigations du chanoine Keller^ refuse de

>nner son fils à Brigitte et se prépare à émigrer avec lui

comptait sans l'éloquence du père Gérard : * Paraissez, Kéramon ; venez, mou ami ; allez ! ne résistez pas à votre père ; suivez-le chez l'étranger ! Gourez, préparez vos armes contre votre patrie I excitez contre elle tout ce que vous trouverez de tyrans et de monstres affamés de sang et de pillage ! L'honneur vous en fait un devoir , l'honneur vous prescrit de vous dépouiller de toute pitié, de tous sentiments humains, etc., etc.

KÉRAMON, PERE {ému).

c Quel tableau affreux !

KÉRAMON, FILS (piîw ému eucore), « Plutôt la mort 1 »

Tout le village se joint au père Gérard et supplie le vieux

SiiO LE THÉÂTRE DE hÀ. RÉVOLUTION.

genMIhomme, qui a0 décide à restar et oiaFie 8cîil fiU àrec Brjgittdi

Le citoyen BontilUer, daas le trait histodqtte < PatUiM et Henri * (1) joué à Peydeau, le 19 brumaire an U (9 nbvembre 1793), nous présente Simon, un pauvre cultivateur qui, dans le mur de sa cabane, découvre 32,1)00 livres* il va porter cet argent au maire, afin qu'il le fasse parvenir à ceux qui en sont les maîtres. La garde nationale vient chercher Simon. Elle le conduit chez le maire qui lui adresse le disrcours suivant :

« Citoyen, la cure de cette paroisse était vacante, mais « notre commune ne veut plus rien qui lui retrace d'anciennes « erreurs. Il ne nous faiit ihàihteiiaht qu'une morale simple « et vraie. Pà^mi louà ceux qui pouvaient prétendre S ëclàirer « les autres, Vous seul ne vous êtes pas présenta et c'est vous « que l^ peuple appelle â celte honorable fonction.-^ Moi ?— « Citoyen, point de modestie déplacée ! Vous êtes assez ins-

* truit pour remplir le poste qu'il voils confie. Au reste,

* les temps de prestige et d'aveuglement sont passés. Notre « raison épurée ne veut plus pour objet de notre culte que « la Liberté et pour sermens que des exemples de vertus « civiques! » On applaudit à ce beau langage. De plus, l'as^ — semblée refuse la somme trouvée et décide qu'elle reviendra à Simon.

Henri, fils du riche fermier Vincent, épouse Pauline, fiil^ de Simon, et tout le chœur chante :

* Qu'une même allégresse

« Nous anime en ces lieux I « Chantons et bénissons sans cesse

* Ce mortel généreux ! »

a) A Paris, cftesf la tHùfean^ Tonlm, 1t79'4,

LB NOnVBAU MONDE. 24|i

L'autear nous apprend qu'il doit en parti» le fond (fe ce sujet

atix Délassemms de i'hûmfine êemible par le citoyen d'Araud * .

C*est aussi sur une âdopiion que i^spësëla pihèe de Plis « la {mrrice républicaine » (l), coniédiè en un acte représentée le

germinal an ÎI (la mars i794), sur le théâtre du Yaudeille.

La citoyenne Deschamps, à qui un ei-devant noble a confié ou fils à nourrir, apprend que le seigneur est parti pour 'émigration, négligeant de lui envoyer la pension convenue.

Elle adopte Tenfant et lui donne le nom de Noé Deschamps. Interrogée par le maire si elle ratifie l'adoption par < un oui volontaire éi pï^onhWcé i elle (ihàrttè en réponse :

J'ai dit un oiti, j'en dirais deux,

Lorsque l'humanité mé guidé.

J'ai prononcé € oui » sans être ti raids

Pour que l'hymen serrât ilos tendres nœuds.

Serais-je aujourd'hui plus hetlreusè

En disant un * oui » généreux 1

Ah î puisse un « oui » rendre i 'enfant heureux

Comme un < oui * m'a su rendt-ô heurétiîte ! *

TOUS

i Yive la République et la loi de l'adotitlon ! i>

Dans leiSûlpétrierè répiiblicainé (2) du citoyen Louis ïissot, ^ef du bureau des Poudres, comédie représentée le 8 messidor ti II (M juin 1794), Justine, fille de Thomas, préfêfe au ^inéaht Cascàret le jeune Paulin, salpêtrier intrépide. Casca- -t se dédommage dfe ce refus en choisissant une auti^ jolie Ulageoisè. L'intrigue est nulle, mais il sd trouve dans la ièce un ou deux cotit)léte qu'il faut citer.

Paulin donne à sa façon la définition de la République : »

(i) À Parii, à Timprimerie de la me déâ I^roits je l'Hdîiime, an Ut {i) Ches U citoyeane Toobon, 1794.

« Amis, c'est rportrait véritable

« De c'qu'on appeir le firmament.

« L'homme n'y voit que son semblable

< Gomme ça s'fait là haut soi-disant.

« Car dans c'te demeure angéligue

< Saint Grépin est autant q'saint Denis, • Or je conclus qla République

c Est l'emblème du Paradis t... >

Thomas et Jifathurin {d leurs enfants) : • Nous allons vous unir et ce pain de salpêtre serrira « d'autel.

(Ils chantent.)

< Approchez-vous, mes chers enfants, « En vous j 'allons nous voir renaître.

< Jurez sur ce pain de salpêtre « D'être fidèl' s à vos sermens.

« Si par l'nœud qui vous lie

« Vous et' pères à vot' tour, « A vos enfans chaque jour « Inspirez bien l'amoar « De la patrie I »

« Christophe Dubois » (1) est un brave cocher qui ne sait comment payer son propriétaire, l'inexorable Durand. Celui-a propose en secret à la femme de Christophe de lui donner quittance, si elle lui accorde ses faveurs. Refus indigné de la pauvre femme. Sur ces entrefaites Christophe trouve un portefeuille qui appartient à Durand. Le propriétaire accuse Christophe d'en avoir soustrait une forte somme, mais le commissaire appelé prouve l'innocence du cocher et oblige Durand à une réparation. Les couplets du cocher furent alors très-applaudis:

NICOLE (à Christophe son mari),

« Pour mener lestement un sapin, tu n'as pas ton pareil.

(1) Fait historique, par A. Léger, représeaté au Vaudeville le 1^ octobre

LE NOUVBAr MONDK.

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