‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 56 sur 137 · ISABELLE · texte numérisé non relu

ISABELLE

< C'est une attention à laquelle il sera sensible... » Germeuil en convient, car il chante à son tour :

• Sons le poids de ses fers le triste couple enrage, 'Se fait guerre sûr guerre, outrage sur outrage...

• Ah 1 dans ces nœuds sacrés par la raison proscrits

• Combien la cour de Rome a damné de maris !... »

\V K Paris, chez Branet» an n.

Mais Tabbé de Foflis, qui tte rêvait qfti*à fai» d*I«abellesa \^ mattresse, recule devant le mariage et disparaît. Lèsl époux M réconcilient et chantent sur Tair :

Allons danser sous ces ormeaux t

* On applaudit au couple heureux « Qui s*aime encore en mariage ; « On applaudit au couple heureux < Dont l'amitié serre les nœuds t »

Pigault-Lebrun fait également de la morale à sa façon dans les Mœurs ou le Divorce (1), comédie en un acte représentée sw le théâtre de la Cité, le 20 septembre i794. L'amant d'Emilie propose à la citoyenne Thévènîn, mère d'ËmlIie, de lui rendre le mari qui Ta quittée, si elle lui assure, après le succès, la main de sa fille. La citoyenne Thévenin y consent. Dorval fait semblant de l'aimer, excite la jalousie du citoyen Thévenin et propose à la mère d'Emilie de se débarrasser d'un ingrat par le divorce. Cette proposition amène Thévenin à se jeter aux pieds de sa femme. Ils se réconcilient et Dorval obtient la main d'Emilie. C'est une apologie « du bon père, « du bon époux, du bon ami, dont la félicité, établie sur des « bases inaltérables, est indépendante des orales » !...

Forgeot fait Téloge de la loi de 1792 par < le Double Divorce ou le Bienfait de la loi » (2), comédie représentée le 5 vendémiaire an III (26 septembre 1794) sur le théâtre de rÉgalité au faubourg Germain.

Bel mon quitte Cécile sa femme pour épouser Lucinde qne Cécile, de son côté, abandonne pour épouser Dorlis. Mais Belmon voudrait se raviser tout à coup, parce qu'il vient d'apprendre que Lucinde a moins de fortune qu'il ne le pensait. 11

(1) A Paris, chez Barba, an m.

(2) A Pari», chez PrawU, m m-

^ Ll NOUVSAn MONDl. MB

^ trop tard, et Cécile dit à son futur ëpôux Dorlis, que la foenre appelle :

. « Un trop juste abandon suit toujours Tavarice, « Son destin est fâcheux, mais il Ta mérité I... * Et vous, Dorlis, pour prix de la loi protectrice « Qui vous rend tous vos droits à la félicité, « Partez, mais sans regrets, c'est pour votre patrie. « Combattez, méritez une épouse chérie... « Le Français avant tout doit consulter Thonneur ; « C'est quand il a vaincu qu'il songe à son bonheur î *

Barré et Bourgueil attaquent le divorce dans « le Mur mitoyen * (1), vaudeville en un acte représenté sur le théâtre iu Vaudeville, le 3 ventôse an iv (22 février 1796). Le sujet 3St d'une extrême simplicité. Lin val qui a l'intention de diirorcer a donné rendez-vous à sa maîtresse derrière le mur ïui sépare sa propriété du jardin voisin. Grâce à l'habileté iu procureur Crincour qui joue le rôle de compère, il y trouve sa femme. Naturellement les époux se réconcilient et madame Linval chante avec émotion :

« Du divorce on a fait la loi « Pour les épouses malheureuses.

« C'est aux épouses vertueuses « D'en fuir le douloureux emploi.

« Et si le Ciel du nom de mère « Vous fit don, ah î gardez-vous bien, ^ « Entre vos enfants et leur père, < D'élever ce mur mitoyen /... »

« Le citoyen Dupont de TU le va plus loin que Barré et Bourgueil. H rend la paix à deux ménages dans la Double Réconciliation (2), opéra-vaudeville en un acte représenté sur le théâtre des Jeunes Artistes , le S thermidor an iv

(1) Â Paris» chez Barba, an iv.

ii) \ Paris, cbes; M|cbe|, m m*

(23 juillet 1796). lâcas se plaint d'Aline, sa femme^ et vett divorcer. Mathurine^ pour consoler sa fille Aline, lui chante ce petit air :

« Ma chère fille, prends courage,

* Ton ôpoux se repentira ; < Et de ce trop sensible outrage

* Le Ciel un jour te vengera.

« Son sort dififérera du nôtre,

« Car des temps Tcours est inégal, « Qui quitte sa femme pour une autre « Tombe souvent encor plus mal !... »

Aline lui répond,' avec sentiment :

« Il ignore qu'il est père î... »

LicAs (caché derrière un arhre).

* Qu'ai-je entendu ?

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