‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 67 sur 137 · LA SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

LA SUPÉRIEURE

< L'on dirait aussi, ma sœur, que libres de nous séparer, « nous ne sommes restées réunies que pour être utiles à la

< société, que chaque jour notre conduite l'atteste.

< Au Ciel si nous portons nos vœux

< C'est pour le bonheur de la France, « L'infortuné, le malheureux

< Avec nous trouve son assistance.

« A ses enfants nous n'enseignons

« Rien que des mœurs bien raisonnables; « On voit donc que nous n'existons

< Que pour secourir nos semblables. *

Survient Folleville, un libre penseur, qui veut renverser de sa canne une statuette religieuse.

BELMONT {s'y opposatit).

« Ce serait un attentat à la liberté des cultes que d'en pro- * faner les images. Ne favorisons aucune religion, mais res- « pectons-les toutes. *

Il chante :

< Nous devons partout éviter « Les esclaves du fanatisme.

Ï88 LE THéÀf fea DE LA hévôtUTiON.

« Mais bien pids ëhédt-e fedoutèf « Les partiîiâfis de rathëlsiîie; » Car ce principe selon rtiol « Est à jamais irrévocable :

< L'homme qui n'a ni foi ni loi

< Be tout crime est bientôt capable f

LA PBOPRIÉTE;

Sous ce titre nous avons rangé toutes les piôees qui ayaient trait aux biens nationaux^ aux assignats, à la Bourse, à l'agiotâgOi &n% traficë finahbiers.

Le oiioyen Dupin (de Bourg en Bresse) fit représenter à Paris une oomédiè eii Cinq actes et en vers^ intitulée VArUste patriotique ou la Vente des biens nationaux; (1), le 14 thermidor an III (l«r août i795)i

Elle est facile à analysers "- Henri, peintre et poète, amanl d'Élise, fille de Glervllle} est m pàtriélé sirtOèl-e qui a contribué à la vente dëâ biëil^ dtl Clergé. Mâdâtoé fiufoâier, sœur de M. Glerville, le poursuit de son ridicule amotir. Henri s'enfuit en lui laissant son manteaui Madame Durosier se ligue avec les ennemis de l'artiste, un évêque et des aristocrates. Ils fomentent une sédition. Henri, à la tête de la garde nationale, bat les révoltés, et obtient la main d*Ëlise. GlervîUe fait airèter l'évoque et ses complices^ et dit à leurs gardiens :

« Conduisons ces brigands devant les tribunaux

* Et faisons adjuger les biens nationaux.

* Détestez les tyrans, fuyez le fanatisme,

* Citoyens vertueux, aimez l'égalité, « La Loi, la nation et Yotf e liberté ! •

(i) A P^ris, cl^w G^efl^e^, 1795,

Le femiéf Môrln (1) ft'ëst pâ§ ttû ^ëtttàîrê cdmwè flëfiri et Clerville. Il sauve des périls les plus grands le fils et là fille de Vèi^Btlil, sdii andeti tiiàlthè, et leul* réâtitttô letirt biefis qu'il avait achetée; VéfSeUil fil^ qui àibiàit Agathe, fiUé de Mi[)Hn, répôtt8é. L'âtitéùr, Qtti iië s'est paé mis en gfàndàMië d'ithaglhation, ilotië déelàre * (Ju'il pi^éâentô àtii yètit ôê dbttx ta-

* bleau pour ranimer l'amour de l'humanité, si ilëceUsaife à

* Tohîl'è sbéiâl dont il eèt lé lien i . Gé (}tli fit le suoéèë de sa pièèè, ee fufëfal lei Ufâdéâ côtitré là téffett?; Bii voiei titi «pééitnëti. Lé bbtl fëi-ihiéf dit à sa fémtné (|tii éraitit lé i'ëtonr déë Jàcôbihs :

« V pensès-^tU, ttik fëtathe, la Téftèut l'èvëilir ? Gela eët k impbààible. Elle ne soûillëta plus là Flattée. Nous le jtli'ons « tous !..• Tout ce qui est bbti et hôntiète n'a ëté que faible « en laissant dominer leS tyt-àiis, ftiaii tifte Sëcôttdé fois ce » iëi'âit âh ëi'ittlë. dfdié^thoi, léë âthis de l'brdre, de l'hu- « iâ&flité, se l^uhii^nt ëbillre l'ôpprëSèibn. Je le 10 répèle « encore une fois : nous le jurons tous 1... »

La Restitution légitime ou les Portraits du jôut (l)j (JOttiédie éh Un iibte 8t èh pi^gë dé Pfëfbntaitiej représentée le 15 prairia^ an V (13 juin 1797) à TAmbigti-Gomiquë, est une satUrfl dès fiéhës de âOttvêllë fabriqué: Le VAlët de chambre d'Une f^mme bfl§-Bléti fté fait rebontlàltrë pour lé ftls d'iih M: dé Vérëëuil âblit elle â ttëurpé la fortûiie^ el lé motàlisèë dé là (liècé^ Yâl- Ctrttrt, âjjprèhd à îbiis qUë ^ dès lois SâgéS Itiais tardives ôht

* âttfcôMé à une classe ttonlb^ëtiSë de citoyen» le droit de ren- » ifet daftS lëtirs biëtis et d'en bhâssëf lëtlrsVilsustlrpâteiirs.i• « Puissent toujours les lois terrasser le méchant et véngei* lés

(1) Le Bon Fermier, de Ségur le cadet, comédie jouée à Feydeao le 27 vent<*)8e an m (17 mars 1795). — CÎièi HtJfet, ài^ qi; (%) A Paris, cl^eï Wichelet. 1797,

290 LB THélTRS DB LA BÉYOLUTION.

« droits sacrés de la nature en protégeant Tinnooenoe et Vbi'

< manité 1 »

L'Appel à Vhonneur ou le ReinboursemefU des oM^jnots (l) drame en trois actes et en prose d'nn auteur inconnu, estime pièce fort simple. On nous prévient tout d'abord que <b

< scène est partout.à l'époque de la grande dépréciation des « assignats».

ACTB I. — M. Deslandes apprend à sa femme qu'il Teot rembourser ses créanciers en assignats. Le louis d'or étant à 6,000 livres, avec quelques assignats il se libérerait en entier. Madame Deslandes passe tout l'acte à lui prouver que cette manière d'acquitter 120,000 livres de dettes n'est pas loyale.

ACTE IL — M. Deslandes paye en assignats. MadomoiseUe Linard et Monclair, ses créanciers, viennent le supplier, puis, ne pouvant le fléchir, le maudissent.

ACTE m. — Madame Deslandes se désole. Ses filles, son Bun sont insultés par le peuple. M. Deslandes se repent et ptyeoi or ses créanciers.

L'honneur est sauf.

Il est encore question des assignats dans l'opéra-vaudeviUe

de Bellemont < le Rentier * (2).

Toute la fortune de d'Hercourt, jadis fort riche, n'existe plus qu'en assignats. Il doit 600 livres à son propriétaire Robinson qui veut être payé en or. Gorsange, neveu de d'Herconrt,

jeune incroyable, cache iOO louis dans le coffre aux assignats. Cette générosité délicate émeut d*Hercourt qui lui donne la .main de sa fille Lucîle. Voici comment on parlait alors des assignats :

d'hercourt.

« Tu vois ce papier sans valeur

(i) A Paris, chez J.4. Fochs, 1797.

(2) A Reims, chez Leqnenx, an vu.

« Inventé pour notre malheur; « D'un bien acquis avec honneur

« Dans mon sort funeste,

« C'est ce qai me reste.

CORSANGE.

« Cette ressource-là, vraiment, « Autant en emporte le vent I »

Nous abordons les agioteurs avec la comédie de < CrUpin devenu riche » (1).

Crispin, ancien valet, qui se fait nommer le financier Harpon, rôve d'épouser Julie, fille du baron de Mortas. Il est tout ébahi d'avoir si rapidement conquis la fortune:

« Quand sur quatre ressorts suspendu lestement, € Je me vois dans les airs balancé mollement, « Et que de mon wiski la course meurtrière

< Couvre un peuple ébahi d'un torrent de poussière, * J'ignore encore com nient j'ai pu sauter d'un coup, « De derrière dedans, sans me tordre le cou !... >

Julie méprise ses 800,000 écus, et Lisette, la suivante, s'écrie:

< L'ambitieux faquin I je ne m'étonne plus

« S'il est tant à Paris de laquais parvenus t... »

Crispin insiste, mais la justice, qui veillait, met la main sur le financier Harpon qui n'est qu'un escroc. Il n'ira plus à la Bourse mais au Châtelet. Pasquin, le valet du baron, qui agiotait, promet à Lisette de ne plus jouer :

« Ma chère, en t'épousant, je place à fonds perdus ! »

Dans l'Agioteur (2), comédie représentée le 8 brumaire an IV,

(30 octobre 1795), un ci-devant procureur, Bénard, refuse sa

^ille Adèle au fils d'un avocat, Eugène. Il Ta promise à Cru-

^ophile (sic), agioteur, ancien valet.

^'agioteur se laisse duper par deux faiseurs, Boucliac et Mi-

J^I^Paris, marchaads de noaveaatéi, 1789. ^*) Chei Barba, an iv,

chel. n perd tonfé lia feHtiflé eti pL d'ifiSlifit^. Bénard désabuse consent an màfiàge d'Adèle é{ d*Ëd^4ne. On ne reconnaît pas dans cette pièce la mua fine de FatHenr du Souper det Jacobim,

Armand Gonffd iè Mille àâfâl M S|Idlê«H flans le ynsai^ ville intitulé « les Deux JôGnèàâ ou U tjdrnmêrce d l'eau » (i)» M ffitifëSëlitë 1« IS mvdsS àh lY (9 jâftfiéiF 1796), H( le tMkre de la Cité: '

i Ôri voyait jadis l'IidnnSié commerçant I fiafis m. tHàgàlin âltëfidi^ le j^ââs^l « Et se coiitëfitëf Se gâ^ftèf Ëii ptf ISëiH; «C'était l'ancienne inétbode.^

< Anjônrd|iini IW voit an milieu de Pai^

< Mille scélérats de notre sang^ noorrisi « Accaparer tout et centupler jea priX|

< i^oiià le commerce à la mode !.«. >

Chacun quitte Mft Inètlër êi le ftil iVraidMF M 06hnier.

* î'f âS ëiiëÉ rédfdtJTlfllë^ «. Je trouve un magasin d'cliandelle ; .

. « J'v^s chez rchai)eiier, ^ « Y vend du siicre el de ia caneîle;

» I^Vââ clièz un tëilieill*,

1 Y vend d'Ia litjueuri « J'vas chez la lingère voisine « Qui me propose d' la farine;

« via que l'perriiquier

. S'est fait thàrchâtià hHlittoi» î..i *

C'est une fureur de vendre :

« Chaumière^ église, château, « Métairie et troupeau « Se vendent sur là placé :

i Sttl- itia foi

« Si la loi

(1) Chez Barba, an iv.

LB NOuyEATT BluifDli

< Ne fM% ehasse,

* OàtiS pétt îibtls vendrons au cours' 4 L'ÉtlfDpe et âës fàtlbdtiti^

< En Tï\m^ I

Même satire dans le yauderihe < 3Vmt Jemortde«'enm^26»(l) représenië s«r le ihëfttre du YâtideTilIë ési ^Itetiôse an IV y«nyidr<^évrief 1796)i ^ftuteurëtait le eitejren Mftyeur^ artiste dekCitét

Certain d'y trouver avantage,

Chacun veut changer de métier,

El le îérihiBr de ihoii Village

Vléhl de ie fait*é bijoùtiè?;

Là vôtiS voyez ùii cbiii'édiett Ab littfâii^ Veiidt-ë flu sùëfë^ Et plus loin un tatisicieii Sur du eafé compter son lucre j Un danseur offrir poliment Et de rhuile et de la muscade, Puis un charbdilnier néfebciàht Pi'Dpd^fei* de la cassbhâdé l-.;. »

J.-fe. Pujôuli âttàqiië Vivéthetit lèà àgt6tQai*s Ami k éôtnë- Jîe i lèé 'M'oâêrnès enrichis » (S), i-'êflWàëiltée m le thëâlfë de k ypttbliqttë le 86 fi'imairô âtl ti (16 dëcëitibfe IW), Un àiëtif fltlt&oiit dit à ftbbërt, domëstlqtiè dé M. Viëtof f ?bchànt qui se fait appeler Saint- Victor :

« Ton homme est un riche à la mode

< Qui profita d'une époque commode

< Pour les fripons et pour les ignorans.

< Mes doutes sont fondés. J'en ai de sûrs garans.

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