‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 74 sur 137 · LE CITOYEN POLI · texte numérisé non relu

LE CITOYEN POLI

< La Nature î... >

Dans la pièce Alexis et Rosette (1) de Desriaux et Porta, le maire du village instruit ses concitoyens.

« Écoutez, mes enfants, voici votre Évangile :

Il met ses lunettes,

< Tous les hommes, dès leur naissance, « Sont libres, sont égaux en droits...

« Point de rangs, point de différence, « De la nature c'est la voix !

< Pour se distinguer du vulgaire

(1) A Paris, chez les marchands de nouveautés, an ii.

• Dam l'ordre imlili .

< n faut 86 i^ûâre néceiiâM < An bonhenr général t

(Il 6te M hndtet.)

GHOBUR.

« 0 d^cfei (]tii âotiâ prddëfife

« L'avenir le pins flattenr !

« 0 ]ôi fliTine 9t oliantlaûtSi « Orav^toi dans iiotrt wèui lu. •

Malgré les pièces, les chansonS et lès tbittfthM, te tliol de Montesqnien reste toujours yrai s

< L'esprit d'égalité ^mttle ëo&âtiif M âeipô&tDe. >

Nons voici arrivés an tfdiâiéfflë tëfiâê de Ih AMse : < Fraternité. > Le véritable frère de tôtls l6§ hoffltaieâ) le frère par excellence est le qnaker du tableau patriotique c AUons t ça va, ou le Quakner en France! • da Qon«in Jaoqaflii représenté à Feydean le 7 brumaire an II (M ootobre 1793).

Le quaker arrive dàâà M Irillàgê au fflofuefit où tout le monde est occupé aux prépatâtlfe dëà f^^Uiâitidns de guerre, à moudre du grain, à faire des piques et des sabres, à coudre des chemises et des vêtements de soldat. D'antres préparent un banquet. Le quaker (îbànte sur Vair de la MaHeillaise :

* Allons, amis, qu'à cette fête, « Chacun se livre à la gait^.

« Ce banquet (}Ué le (îcétïr apprête « Rétablit la fraternité î

< Que par Télan d'Un eœur sinoèro « D'ici tout sdupçon aoit banni ^

• Que chacun S'empresëe à Tenvl,

< De serrer la main de son frère I

« Courage, citoyens, restons toujours unis*

« Français, un peuple libre est un peuple d'amis (bis), »

I)ans 1^ pièce républicaine « AkxiB et fiesetk ou kê ^9^^mi >

Ï^PJÎPlîV^AîTîtfOiîpK, 317

3ont nous avons déjà parlé, lep Françaii vwni^ent (Je remporter victoire. Un houlan se rend à un officier qui lui dit :

< Oui, de la liberté viens habiter la terre

« K( JQuir du boabeuF que non» goûtou» jcl ; I Mai^ ût9 ta cpcarde et reçois celle-ci i l^ novyLS (baisant la cocarde françam avec transport). Fifre lipre ou mourir I (/{ to met d son bonnet, après avoir jeté la sienne avec méprU)

Trio.

l'officier, au houlan, « Sois notre Ifôre,

< Enibrasse«nous t

LE MAIRB, LA MBRB UKRARD, L'OFFiGiBR.

< Oui, nous voulons te ^aire

< Oublier ta misère ;

i Bois notre frère,

< Embrasse^uQus I

LB UOULAW.

« Ah! que c'est pien I Ah I que c'est doux!... » {Il les embrasse tous les uns après les autres en disant) :

Ah I que c'est bienl [Quund c^est un homme.) Ah 1 que c'est loux ! (Quand c'est une femme.)

Le houlan va ramener ses camarades qui se rangent du côté les Français, précédés d'une bannière avec cette inscription < Les Droits de l'Homme t > Tout le monde se mçt ensuite à lanaer la Carmagnole.

Les Monkignards (i). Jeunes éeoliers nés dans les montagnes, viennent au secours de leur instituteur Candor ruiné subite*» ment, et l'un d'eux, le petit Garvais, ohanle:

« L'aimable et doue' fraternité

• Rend tout commun, biens, science,

fi) Comédie de Pujoalx, représeotée à Peydeau, le i6 frueiidor an ti

(I m^tom im).

318' LS THÉÂTRE DE LA RlhrOLUTION.

< Et récoi' de l'égalité

. < Est celle de la bienfaisance. >

Rappelons enfin que les Jacobins, ces agneaux, ces homoM sensibles, se donnaient les doux noms de « frères et amis*!

Cependant certains auteurs trouvaient qu'il fallait mettn certaines bornes à la fraternité. Dans la pièce de « Paul et Plitlippe ou mite de l'Intérieur d'un ménagerépublicain»; eomédiede Chastenet-Puységur (27 germinal an UL), un gendarme dit à son camarade qui a youIu embrasser de force une jeune fille:

« L'on peut adopter le langage

< De la douce fraternité,

< Sans pour cela perdre Tusage « Des égards, de Tbonnèteté.

< Assez longtemps l'air de rudesse

< Des méchants couvrit les excès...

< Qu'à l'avenir la politesse

< Fasse distinguer les Français t

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