LE CITOYEN POLI
< La Nature î... >
Dans la pièce Alexis et Rosette (1) de Desriaux et Porta, le maire du village instruit ses concitoyens.
« Écoutez, mes enfants, voici votre Évangile :
Il met ses lunettes,
< Tous les hommes, dès leur naissance, « Sont libres, sont égaux en droits...
« Point de rangs, point de différence, « De la nature c'est la voix !
< Pour se distinguer du vulgaire
(1) A Paris, chez les marchands de nouveautés, an ii.
• Dam l'ordre imlili .
< n faut 86 i^ûâre néceiiâM < An bonhenr général t
(Il 6te M hndtet.)
GHOBUR.
« 0 d^cfei (]tii âotiâ prddëfife
« L'avenir le pins flattenr !
« 0 ]ôi fliTine 9t oliantlaûtSi « Orav^toi dans iiotrt wèui lu. •
Malgré les pièces, les chansonS et lès tbittfthM, te tliol de Montesqnien reste toujours yrai s
< L'esprit d'égalité ^mttle ëo&âtiif M âeipô&tDe. >
Nons voici arrivés an tfdiâiéfflë tëfiâê de Ih AMse : < Fraternité. > Le véritable frère de tôtls l6§ hoffltaieâ) le frère par excellence est le qnaker du tableau patriotique c AUons t ça va, ou le Quakner en France! • da Qon«in Jaoqaflii représenté à Feydean le 7 brumaire an II (M ootobre 1793).
Le quaker arrive dàâà M Irillàgê au fflofuefit où tout le monde est occupé aux prépatâtlfe dëà f^^Uiâitidns de guerre, à moudre du grain, à faire des piques et des sabres, à coudre des chemises et des vêtements de soldat. D'antres préparent un banquet. Le quaker (îbànte sur Vair de la MaHeillaise :
* Allons, amis, qu'à cette fête, « Chacun se livre à la gait^.
« Ce banquet (}Ué le (îcétïr apprête « Rétablit la fraternité î
< Que par Télan d'Un eœur sinoèro « D'ici tout sdupçon aoit banni ^
• Que chacun S'empresëe à Tenvl,
< De serrer la main de son frère I
« Courage, citoyens, restons toujours unis*
« Français, un peuple libre est un peuple d'amis (bis), »
I)ans 1^ pièce républicaine « AkxiB et fiesetk ou kê ^9^^mi >
Ï^PJÎPlîV^AîTîtfOiîpK, 317
3ont nous avons déjà parlé, lep Françaii vwni^ent (Je remporter victoire. Un houlan se rend à un officier qui lui dit :
< Oui, de la liberté viens habiter la terre
« K( JQuir du boabeuF que non» goûtou» jcl ; I Mai^ ût9 ta cpcarde et reçois celle-ci i l^ novyLS (baisant la cocarde françam avec transport). Fifre lipre ou mourir I (/{ to met d son bonnet, après avoir jeté la sienne avec méprU)
Trio.
l'officier, au houlan, « Sois notre Ifôre,
< Enibrasse«nous t
LE MAIRB, LA MBRB UKRARD, L'OFFiGiBR.
< Oui, nous voulons te ^aire
< Oublier ta misère ;
i Bois notre frère,
< Embrasse^uQus I
LB UOULAW.
« Ah! que c'est pien I Ah I que c'est doux!... » {Il les embrasse tous les uns après les autres en disant) :
Ah I que c'est bienl [Quund c^est un homme.) Ah 1 que c'est loux ! (Quand c'est une femme.)
Le houlan va ramener ses camarades qui se rangent du côté les Français, précédés d'une bannière avec cette inscription < Les Droits de l'Homme t > Tout le monde se mçt ensuite à lanaer la Carmagnole.
Les Monkignards (i). Jeunes éeoliers nés dans les montagnes, viennent au secours de leur instituteur Candor ruiné subite*» ment, et l'un d'eux, le petit Garvais, ohanle:
« L'aimable et doue' fraternité
• Rend tout commun, biens, science,
fi) Comédie de Pujoalx, représeotée à Peydeau, le i6 frueiidor an ti
(I m^tom im).
318' LS THÉÂTRE DE LA RlhrOLUTION.
< Et récoi' de l'égalité
. < Est celle de la bienfaisance. >
Rappelons enfin que les Jacobins, ces agneaux, ces homoM sensibles, se donnaient les doux noms de « frères et amis*!
Cependant certains auteurs trouvaient qu'il fallait mettn certaines bornes à la fraternité. Dans la pièce de « Paul et Plitlippe ou mite de l'Intérieur d'un ménagerépublicain»; eomédiede Chastenet-Puységur (27 germinal an UL), un gendarme dit à son camarade qui a youIu embrasser de force une jeune fille:
« L'on peut adopter le langage
< De la douce fraternité,
< Sans pour cela perdre Tusage « Des égards, de Tbonnèteté.
< Assez longtemps l'air de rudesse
< Des méchants couvrit les excès...
< Qu'à l'avenir la politesse
< Fasse distinguer les Français t