LE FORÇAT
« Je suis un malheureux, condamné aux galères sous Tan- « cien régime. A peine avez-vous attaqué la ville que j'ai « profité du désordre pour délivrer les patriotes dont les
< prisons regorgeaient. Armez-les, armez-moi ; nous avons « été oji^rimés ; nous sommes avides de vengeance ! »
(Les forçats se battent contre les Anglais et les émigrés. Les remparts s'écroulent, la ville est en flammes et le représentant crie aux forçais).
* Approchez ! ô vous les plus honnêtes gens que nous ayons « trouvés dans Toulon !... Galériens, forçais, sans doute plus
< malheureux que coupables, je vous absous de toutes les
iVOLUTIOX.
• bstet que voas avez pti commettre. Vous avez connn m
• patrie, dés qao vous l'ayez vae ea danger. (Se tournant ceri
• le premier forçat).
• Embrasse-moi, mon frère, homme intrépide! (Pitii
Noçont de loin les AnglaLi.) •Tremblez, tyrans I avecdeleli
• bomtnes, on n'est jamais vaincti !
la guerre, ux combats ; 3 soldats, Il terre i...
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La pièce de Millié ne souffre pas l'analyse : elle se lermiiie par ce cri des sans-culottes : > MalLeur aux royalistes I goene aux tyrans I paix aux chaumières t.. . •
Les citoyens Bizet et Faciolle dénoncent anx sans-cnlolles de l'armée de Toulon la conduite de l'-adoiinistratenr dnthéiln de la Cité. Les deux auteurs avaient présenté an comild de ce théitre un fait héroïque en un acte et en pose, (s Priit de Toulon (2). • On la Ut. On la reçoit. Quelques jours plus tard Lenoir dit Saint-Edme, que Faciolle accuse de signer • de SaitU-Edme' (terrible accusation au commencement de 179it) prévient les auteurs qu'on joue deux pièces semblables anx
Italiens et à Feydean et les assure de tous ses regrets. Fa- <^iolIe fait juges du différend ses braves camarades de Toulon ^t termine ainsi la préface de son ouvrage :
« Vous ne pourrez pas dire que j'avais tort, moi pauvre « sans-culotte, d'avoir essayé de célébrer vos succès et d'avoir
< dit que quand l'administrateur du théâtre promettait de
< mettre vos victoires sur la scène, il tenait sa parole aussi
< fidèlement que. vous, quand vous promettez de les rem- « porter î »
Il est bien regrettable qu'on n'ait pas joué la pièce de Bizet et de Faciolle, car on s'est privé d'entendre ce beau discours de Robespierre :
« Frères et amis, tous nos ennemis sont en fuite ! La gloire des enfants de la liberté est complète comme la honte des tyrans. Le canon de nos batteries foudroie encore les vaisseaux qui les emportent. Il semble que la Nature, d'intelligence avec le Français, et souriant à leur victoire, veuille les aider à débarrasser la terre des monstres qui en oppriment les habitants. L'ennemi veut fuir et le vent le réponse. On dirait que la mer n'ouvre qu'à regret un chemin aux suppôts de la tyrannie, fuyant le fer exterminateur des enfants de la liberté !... »
Le naufrage du Vengeur (iymsipÏTaL les citoyens Moline, Pages et Duboulay qui firent représenter en 1795 au théâtre de l'Égalité un opéra en trois actes. Le merveilleux était joint à l'historique,, dont Carlyle et autres ont voulu contester l'authenticité. Voici la distribution de cette pièce :
La Discorde, les citoyennes gasse.
La Trahison, — mézières.
La Famine, — balassê.
(l) A Paris, chez Hugand, an m.
L'Angleterre, — bahrotek.
Démons,
Un conspirateur, le citoyen frajdsl.
Un officier de marine, platbl*
Le représentant du peuple, crétu.
Le maire de Brest, CHEVRBinL.
Une citoyenne, vbrteuil.
Un salpêtrier, mikàlbf.
Un vétéran, LEScouAT-vALtuu.
Un citoyen, bourobois.
La pièce est nulle. Elle se termine pte nu grand air qoB chantait Makalef, le salpêtrier, et que nous devons rappelerici:
* Du Vengeur les héros sublimes
< Par le dévouement le plus beau « Des mers invoquant les ahymes,
< Ont tous péri dans leur vaisseau t < Liberté f nous saurons égaler leur civisme.
< Nous vaincrons sous tes lois les Anglais, les Germains. « Du Vengeur Tardent héroïsme
< Embrase les Républicains (1) ! >
De ces pièces historiques nous revenons aux piè<5^ purement patriotiques. Une des plus curieuses est la comédie «ils plus brave la plus belle I » de Philîppon et Plantade, représentée sur le théâtre des Amis de la Patrie le 14 vendémiaire an m (5 octobre 1794). La scène se passe dans une ville assiégée. Le soldat Victor offre de l'eau-de-vie à ses camarades, < parce que l'eau-de-vie, c'est le lait du soldat » • Il chante :
« Que cette eau qui donne la vie « Double la vigueur de nos bras !
(1) M.-J. Ghénier, Lebrun, Parny, Cnbières ont célébré le naufrage du Vengeur. — Voir l'ouTrage de M. H. Monlin, Le8 Marias de la République. Pari», 1880,
« Il faut des forces aux soldats « Pour servir la patrie ; • Buvons à sa prospérité.
« C'est boire à noire santé,
< Car sans la liberté,
« Que faire de la vie ?... *
Le voicmtaire Le Hardi boit à Victorine, fille de Victor, car :
« Le Français a toujours fêlé
< Et la gloire et la beauté ! »
Victor dit aux volontaires qu'il donnera sa fille au plus brave. Il en prévient sa fille qui aime le volontaire Dufranc.