‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 80 sur 137 · VICTOIRE · texte numérisé non relu

VICTOIRE

« U y a si longtemps qu'il ne m'a écrit !

(1) À Paris, chez Gaillean, in il.

344 LV THÉATBB DB LA RÉTOLOTION.

LA GTOTSmnfi GABDUL.

a £h ! cTois-ta qa*il n'a que cela à faire, ma fllle ? entouré a d'ennemis, obligé de sarveiller des chefs mAlhenreasement a presque tons perfides, toujours sur le qui-Tive, on ne peut «c "guère songer à l'amour. Alors le Français n'a qu'un but, le « salut de la Patrie, le succès de nos armes, la destruction des <c satellites des tyrans l... Ce but rempli, . c'est alors que ton « amant, couvert de gloire, pourra songer à Tamour et troquer a SQS lauriers contre une couronne de roses, entends*tn, moa « enfant ?..; »

Yoici comment le juge, protecteur de la vertu, doniM sa bénédiction aux deux amants .: . .

« La joie, l'amitié, les sentiments de la Nature et de FAmov et et de l'Hymen réunis, voilà les bienfsdts de la BévolutioiL « Que cet exemple ouvre les yeux de ses infimes détracteurs ; a que bientôt la France ne compte plus dans soa aein que des « frères et crions tous d'une voix unanime : Vive la Bépa- (( blique !... »

La délicieuse fable de Paul et Virginie est mise en opéra sous le titre de Paulin et Virginie (1) par Dubreuil et Lesueor, et représentée à Feydeau le 24 nivôse an II (13 janvier 1794), huit jours avant la mort du Roi. On était si sensible à cette époque 1... Écoutez les deux enfants se rappeler leurs souvenirs d'enfance :

VIRGINIE

« Je sens de douces larmes s'échapper de mes yeux f

PAULIN

• Puissent les miens et les tiens n'en verser jamais que de < plaisir et de sensibilité !... >

1) A Paris, chez Huet, an ii.

Qaand Virginie, délivrée par les Sâavages, revient à là vie, elle dit à Paulin : ^

« Hélas î où suis-je et quelle voix chérie < Vient m'appeler aux portes du trépas ?

PAULIN

« C'est. ton amant, ô moitié de ma vie t

« Oui, c'est Paulin qui te tient dans ses bras...

VIRGINIE

« Que mon sort a d'appas t

PAULIN

« Que mon sort a d'appas !.. »

Les deux amants se marient sous la protection du chef des Indiens... C'est un dénouement auquel Bernardin de Saint- Pierre a eu le tort sérieux de ne pas songer !...

Sur la création et sur les effets de l'Amour rien n'a été dit de plus curieux que le couplet suivant détaché de V Adoption villiigeoise, comédie de Charlemagne, jouée sur le théâtre de la Cité-Variétés le 17 mai 1794 :

< Quand dans sa sagesse infinie

< Le Créateur forma le jour,

« Pour rendre agréable la vie « Il fit le Soleil et l'Amour.

« Par l'un l'humanité prospère,

< L'autre féconde le vallon,

« Et l'Amour est à la bergère

« Ce qu'est le Soleil au melon î... (bis) »

Dans la pièce d'Agricol Viola (1794, théâtre des Amis de la Patrie) les paysans Isidore et Pétronille chantent ce petit dao :

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