ALEXIS
« Hé bien ?
ROSETTE
« Le voilà !
ENSEBtOtE, S* embrassant.
« Le voilà ! le voilà î...
ROSETTE, à pari, « 0 douce allégresse !
« Moment plein d'appas !
« Avec quelle ivresse ( Il vole aux combats ! >
ALEXIS, à part, * 0 douce allégresse I « Moment plein d'appas « Avec quelle ivresse « Je vole aux combats !
(l) Alms et Rosette, pièce répnbli^aiae de Pesriaux et Porta, an i
Et Rosette, une fois seule, dit avec émotion :
< Quel bonheur de voir son amant
< Couronné par la victoire t
< Est-il un plaisir, une gloire,
« Est-il un sort plus charmant ?
« Alexis, pour me satisfaire, « Va s'exercer dans les combats ;
< Amour, fais triompher son bras...
< Le reste sera mon affaire !... (hU) >
« La Fête de VÈtre suprême > représentée le 8 juin 1791 au théâtre de la Cité- Variétés contient la romance suivante de Cuvelier, musique de Pleyel, intitulée ^les Amans patriotes du Vallon > que nous reproduisons en entier.
« Tristan était tout pour Adèle, « Adèle était tout pour Tristan.
« Dans not' villag' c'était l'modèle
* D'rinnocence et du sentiment.
« V'ià qu'à la voix de la patrie
« Le tambour bat, il faut partir...
(Parlé.) « Ma chère Adèle, me séparer de toi, peut-être < pour toujours... Hélas!...
« Quand on aime bien son amie
« S'éloigner d'elle, c'est mourir î... (bis) »
« Le jour vient... la troupe guerrière, « Passant sous le drapeau d'honneur,
• Reçoit l'accolade dernière
« D'une mère, d'une épouse, d'une sœur î... « Adèle au milieu d'eux s'élance,
< Sur son épaule est un fusil !...
(Parlé). « Arrête, s'écrie Tristan. Quoi 1 Adèle, tu me sui- « vrais ! Considère la faiblesse de ton sexe... La faiblesse,
348 LE THÉATBB OR Lk RÉVOIiUTIOU.
< répond Adôle, qu'importe !. On a asses .de force aifo te
< patriotisme. l
< Lorsque l'on combat ponr la France.
« Un pen de cœur, cela suffit !... (Ht) »
« Le couple amant est à l'armée.
« Au milieu d'une obsoure nuit,
< Soudain l'attaque est ordonnée...
< Tristan vole, Adèle le suit.
« Mais, 0 ciel t une balle ennemie « Jette Adèle aux pieds de Tristan... >
(ParU.) Tristan se précipite aUx pieds de son amante. « Elle « expire, dit-il... malheureuse et seiisible Adèle l...»Et il reste anéanti, quand Adèle lui répond, en lui serrant la main :
< Qu'il est doux de perdre la vie « Entre les bras de son amant (Mt). >
< La blessur' d'Adèle est légère, « Et l'art d'accord avec l'amour « A rendu l'amante guerrière « A son amant ainsi qu'au jour...
« Sous le voile patriotique « Le couple cher devient époux...
(Parlé.) « La reconnaissance les unit... Mes enfants, leur dit le général ému, soyez heureux, mais à une condition :
« Tous les ans à la République
« Donnez un fils digne de vous !... (bis) »
Dans « j£ Codkile ou les Deux Héritiers* , comédie de Cuvelier représentée au théâtre de la Montansier, en juin i795, un jeune homme dit à sa belle en lui ofi'ranl une fleur :
« Je choisis ce bouton de roses...
« Julienne, avec tes jolis doigts, « Si sous ton fichu tu le poses, « Au lieu d'un seul ils seront trois î »
Enfin dans le Prisonnier français ou le Bienfait récompenré(l), comédie de Porta représentée le 10 vendémiaire an VII ^1*' octobre 1798) sur le théâtre des Amis des Arts, un jeune français, Saint-Réal, qui aime la fille de son hôte, Pauline de Voalbak, chante ainsi sa flamme après que l'ouverture « a dépeint le réveil de la nature » .
SAINT-RÉAL, balsant le portrait de Pauline, « Oui, voici son portrait ; c'est sa fldelle image! « Sur lui chaque matin dans ce charmant bocage < J'ixnprime des baisers qui me paraissent perdus. « Eh bien 1 J'aime à penser qu'ils me seront rendus.
Adieu, mon adorable amie^ Adieu, je subirai mon sort.
Mais ne crains pas que je t'oublie, Je dois t'aimer jusqu'à la mort.
Si. ton cœur, devenant sensible, Se plaint des rigueurs de Tamour, Tu conviendras qu'il est pénible D'aimer tendrement sans retour. »
Pauline lui répond :
L'amour est un doux sentiment Qui fait le charme de la vie...
S'il nous défend le changement.
C'est avec des fleurs qu'il nous lie... Mais s'il embellit nos appas 11 nous invite à la décence ; Et mon cœur ne flétrira pas Ce qui fait notre jouissance t >
M. de Youlbak consent à unir sa fille à Saint-Réal, etdil Pauline en lui montrant le jeune Français:
« Son amour délicat, sa sensibilité,
« Nous sont un sûr garant de ta félicité I... »
(l) A Paris, chez Greté, an vu.
LE THÉATRB DE LA RÉVOLUITOK.