‹ Le théâtre de Monte-CarloChapitre 11 sur 19 · LES SCULPTURES DE LA SALLE · texte numérisé non relu

LES SCULPTURES DE LA SALLE

CHACUNE des voussures peintes est séparée par d'immenses Renommées dorées, œuvre du statuaire J. Thomas. Ces Renommées, au nombre de quatre, distribuent des palmes non moins dorées, dans chacun des angles de la salle. Les feuilles des glorieux rameaux empiètent sur les ciels de MM. Clairin et Boulanger^ Lix et Feyen- Perrin .

Ce sont de gigantesques et nerveuses filles, dignes de porter sur leur tête les voûtes célestes. Elles ont la beauté calme et fière, et ont l'air de prendre au sérieux leur rôle de factionnaires dans le temple de la Musique et de la Comédie. Leurs pieds reposent sur le sommet d'un ornement, très

curieusement inventé dans le but de remplir un vide désagréable.

A peu de distance au-dessous d'elles, se trouvent assis, de chaque côté d'un cartouche où figureront peut-être, un jour, les armes de la Principauté de Monaco, deux enfants nus, habilement modelés, mais dont les extrémités, mains et pieds ont les qualités de toute copie faite servilement d'après les premiers modèles venus, sans avoir l'élégance de race que l'on est en droit d'attendre de jeunes gens placés dans une situation si élevée. Ils sont nus, avons-nous dit, et nus avec décence malgré le réalisme de leurs formes ; les tètes sont jeunes et heureuses d'expression.

Pourquoi, par exemple, sont-ils là ? Que viennent-ils faire aux quatre coins de la salle sous ces grandes Renommées? On dirait que ce sont de jeunes imprudents s'étant hasardés, à l'improviste, sur la saillie des entablements, et qui, dans la peur de glisser, se rattachent aux guirlandes.

Une autre observation que nous pourrions faire : Est-il bien convenable de montrer, ainsi qu'ils le font, le dessous de ses pieds en public ?

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