‹ Le théâtre de Monte-CarloChapitre 12 sur 19 · LES SCULPTURES DE LA SALLE · texte numérisé non relu

LES SCULPTURES DE LA SALLE

Sous chacune des grandes voussures, se trouvent placés trois œils-de-bœuf circulaires, qui rappellent, parleur disposition, celle des arcades couronnant l'escalier du nouvel Opéra.

Les voussures étant au nombre de quatre, les

œils-de-bœuf sont par conséquent trois fois

quatre : douze. Trois d'entre eux laissent entrer le jour; ils sont disposés du côté de la mer, au-dessous de la peinture de M. Lix. Quant aux neut autres ils sont là pour la décoration et la symétrie et n'éclairent rien du tout.

La clef de voûte de chacun d'eux est ornée d'une jolie tête allégorique, sculptée par M. Chabaud.

Le même motif se répétant deux fois dans la décoration, il n'y a donc que six tètes différentes.

Ce qui distingue chacune d'elles, est l'ingénieuse coiffure que l'artiste a mise sur leur front.

La première représente le Chant. Elle a la bouche entr'ouverte, ses yeux ont la fixité attentive de quelqu'un repétant des mots et des sons appris. La coiffure est habilement imitée des créations de l'art égyptien, sans en avoir pourtant la raideur ; des papiers de musique tombent de chaque côté de la tête ; les portées, avec leurs lignes parallèlement horizontales; les notes, avec le caprice de

yO LE THEATRE DE MONTE-CARLO

leurs taches d'encre, forment les rayures et les dessins de ce nouveau madras. Sur le sommet, se dessinent les doubles antennes du diapason. Une plume, celle de Gluck ou de Rossini,, traverse de son bec et de ses barbes la composition de cet édifice.

La seconde représente la Musique d'instruments à cordes. Elle a les yeux tournés vers le ciel, avec l'inspiration divinement poétique qui vibre au cœur des violonistes. La coiffure est faite de deux violons primitifs qui s'entrecroisent avec un archet posé horizontalement.

La troisième représente la Musique pastorale. Elle a dans sa physionomie la grandeur et le style des têtes d'Apelles ou de Praxitèle ; un léger souffle comique passe sur ses lèvres charnues et rieuses. Sa coiffure est formée par l'entrecroisement de deux pipeaux, ceux^ sans doute, des bergers de Théocrite.

La quatrième de ces tètes, c'est la Musique tapageuse, la fée aux grelots, aux sonnettes ,aux cymbales, la Musique de la danse et des bals masqués. Au milieu de ses bandeaux, viennent s'ajuster les différents symboles de sa bruyante personnalité.

La cinquième personnifie la Musique militaire. Son expression est des plus charmantes, et sa coif-

Page 1