‹ Le théâtre de Monte-CarloChapitre 5 sur 19 · LA CONSTRUCTION DU THEATRE I · texte numérisé non relu

LA CONSTRUCTION DU THEATRE I

planches les plus impraticables, ayant parfois l'anxiété dans le cœur mais toujours un aimable sourire sur les lèvres et souvent même un bon mot. C'est lui qui disait à Feyen-Perrin^ alors que le peintre se désolait de voir couper sa toile, composée trop large, et qu'il lui était demandé de par les lois de l'architecture, de faire, nouvel Abraham, le sacrifice de quelques-uns de ses enfants : « Mais, mon ami, ne vous désolez donc pas; les coupures, vous le savez, ça fait toujours très bien au théâtre. »

Et les décorateurs dessinaient le tour du lustre ; les feuilles d'or s'appliquaient aux flancs des cariatides, sur les cartouches, sur les guirlandes, dans les frises et sur les pilastres.

Pendant que l'on mettait la dernière main aux travaux de la salle, on s'occupait de l'ameublement dans un vaste atelier dépendant de la Poterie Artistique : les étoffes de soies, les velours, le brocart, les crépines d'or, arrivaient par immenses ballots; les tapissiers confectionnaient le rideau de la scène, les tentures et les lambrequins.

Nous, qui avons vu de très près les travaux du théâtre de Monte-Carlo, nous croyons pouvoir affirmer qu'on n'a jamais rencontré un pareil entrain, que jamais on n'a déployé une activité semblable sur aucun chantier.

l6 LE THEATRE DE MONTE-CARLO

Tout allait grande vitesse : l'expédition des matériaux, le travail et les dépenses, le salaire des ouvriers ne fût point marchandé ; le talent des artistes fût princièrem^ent rétribué : c'est un fameux mortier que l'or et l'agent pour une construction.

Aussi le Théâtre de Monte-Carlo est-il plus qu'une belle oeuvre d'art, c'est surtout une bonne œuvre ayant fait vivre des centaines de travailleurs, ayant réuni sur un même terrain les forces laborieuses de deux grands peuples amis, de l'Italie et de la France.

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