‹ Le théâtre de Monte-CarloChapitre 8 sur 19 · LA DÉCORATION DES FAÇADES LATÉRALES 4.I · texte numérisé non relu

LA DÉCORATION DES FAÇADES LATÉRALES 4.I

chaque côté de la balustrade deux majestueuses statues dont l'une représente la Sculpture, par M. Godebski, et l'autre l'Industrie par M. Chatrousse.

La première de ces statues nous montre une femme rappelant de loin le style florentin. Les lignes générales ont de la dignité et de Tampleur, et au milieu des audaces de décoration architecturale, la sévère majesté de cette œuvre en impose à l'œil du spectateur.

Quant à la statue de l'Industrie par M. Chatrousse, c'est une gaillarde qui a l'air de dire : « Regardez-moi! comme je suis crânement campée ! » Elle a le poing sur la hanche ; ses cheveux sont ébouriffés à la façon de ceux de la Salomé d'Henri Régnault, et l'expression de la physionomie est sauvagement énergique.

Cette forte fille du peuple, prête à cogner sur l'enclume, avec ses airs féroces, son regard dur et sa robuste énergie, est peut-être la meilleure œuvre de sculpture qui se trouve au théâtre de Monte- Carlo. M. Chatrousse a probablement songé à créer une antithèse à sa jolie Parisienne, cette gracieuse statue qui révèle à travers ses vêtements, sortant de chez la couturière , l'opulence de ses formes et la distinction de sa race.

La fenêtre du premier étage est couronnée par une sorte d'auréole demi-circulaire, décorée d'une tablette de marbre, de faïences de couleurs, d'une lyre en mosaïque, d'une tête bronzée formant clef de voûte, et, enfin, surmontée d'un piédestal formant pinacle sur lequel repose une figure de génie aux ailes dorées, tenant de chaque main un écusson en bronze.

Cette statue qui est l'œuvre de M. Denéchaux, est reproduite dans une place semblable sur la façade latérale de droite.

Ce génie a une vague parenté avec une figurine que connaissent tous les curieux des vitrines du Palais-Royal. Il existe dans la fabrique de céramique de Minton, une gentille petite statuette soutenant à sa droite et à sa gauche un porte-bouquet, de la forme d'une amphore grecque. Il est certain qu'il y a dans l'œuvre de M. Denéchaux un souvenir flagrant de ce modèle dont l'industrie anglaise a prodigué les exemplaires.

La frise en mosaïque qui règne au-dessus de l'architrave de l'entablement du premier étage, et dont nous pourrions critiquer l'emplacement, est composée dans des tons moins éclatants que ceux de la façade principale. Elle est aussi l'œuvre de M. Facchina, de Venise.

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