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DANGERS DU THEATRE AU COUVENT INTERDICTION D'ATHALIE

Dès que sa [0600 fut achevée, c'est-à-dire dans tes derniers mois de 1600, Racine la soumit à ses juges ordinaires. Il la lut d'aburd à Hoileau, qui s'en montra enthousiasmé; puis nu Roi et à Madame de Blaintenon, qui l'accueillirent comme ils avaient accueilli Esthcr.

Un passage de la correspondance de Boileau donne à entendre que M. de Lamoignon réclama à son tour et obtint une lecture iVAthalie. Cela devait être, gtaeine ayant été de tout temps, comme Boileau son ami, l'un des familiers de l'hôtel Lamoignon. Enlin, une lettre de Duguct, citée dans le Port-Royal de Sainte-Beuve, nous apprend <pie le poète alla, le 15 novembre l(i!)0, lire quelques scènes de son Athalie chez le marquis de Cbandenier , vieux gentil boni me aimable et spirituel, dont Saint-Simon, dans ses

iOK LB THKATBK DK SAINT-CYR

Mémoires, parle avec éloge. « C'étnit, dit-il,

un homme de beaucoup de front et d'excellente compagnie, a

M. de Chandenier était âgé alors île plus <Ie quatre-vingts ans, et habitait, dans les environs île Sainte-Geneviève, un joli ermitage de vieillard et de philosophe, très-visité, très-fréquenté, et dont les gens de lettres surtout connaissaient bien le chemin. Le lieu et l'auditoire étaient îles mieux choisis pour une confidence littéraire : aussi Duguet nous dit-il t\iiAffiatie l'ut louée et applaudie sans réserve.

Après cette heureuse épreuve, et sur la foi de tant d'avis favorables, Racine ne douta pas d'un nouveau succès.

On avait fait à Saiut-Cyr les mêmes préparatifs pour les représentations tVAtfialie que pour celles d'Esther. Bérain avait peint les décors et dessiné les costumes; le compositeur Moreau avait réuni un orchestre nombreux composé de violes, de tlùtes et de hautbois; enfin,

tandis

actrio)

que,

son coté, Racine instruisait les ■s, organiste et maître à chanter.

le Dauphin,

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tVAUialie avec la musique; il y en eut une autre le 8 « fort en particulier » nous dit l)angeau, à laquelle Madame de Maintenon ne conduisit que peu de dames; et une troisième, le 22 février, en présence du roi et de la reine d'Angleterre, de Féoelon, du Père de la Chaise et de plusieurs ecclésiastiques.

Madame de Maintenon avait voulu que ces répétitions se lissent dans la classe bleue, sans décors ni costumes {elle permit pourtant une l'ois ou ileux les costumes) ; quant aux représentations sur le théâtre et devant ta Cour, elle les ajourna d'abord de semaine en semaine, et finit par les interdire formellement. Le Roi, qui s'amusait beaucoup à ces spectacles, et qui n'y voyait point de mal, n'approuva qu'à demi cette mesure; les jeunes actrices, qui avaient pris troùt, comme on peut le croire, aux applaudissements , ne cachèrent pas leur dépit; et Racine fut consterné d'avoir ainsi perdu sou temps et ses peines.

Tout autre, à sa place, eut pu s'écrier, comme Si drue dans le Lutrin:

Le coup pari, j'en sui*sùr, d'uni? main janséniste.

Mais Racine, réconcilié depuis longtemps avec Port-Royal, ne pouvait avoir cette pensée; et ce

n'était point, il le savait, de cl' côté-là que Madame deMaintenon allait ordinairement chercher îles inspirations et îles conseils.

Il ne pouvait pas, avec plus île vraisemblance, s'en prendre aux Jésuites, si indulgents, si tolérants, et qui tous avaient approuve* et encourage! les représentations ù'Esiher. « Il faut avouer, avaient dit ces bons Pères a Madame île Maintenon, que nous n'entendions rien à la manière de déclamer; nos écoliers ne font rien qui vaille à côté de ces demoiselles, et nous serions honteux dorénavant de les faire jouer en pubiic! ' »

Cependant, en dehors des Jésuites et des Jansénistes, une pieuse cabale s'était formée contre Athallc.

< >n se souvient que, dès le début, certaines personnes, d'une dévotion sévère, s'étaient montrées hostiles au théâtre de Saint-Cyr. M. Hébert, curé de Versailles, plusieurs fois invité, refusa toujours d'y paraître. Quant au saint évéque de Chartres. Godet des Marais. « il voulut, disent les dames de Saint-Louis, voir jouer cette pièce (Esther) dans tout son éclat, afin d'en mieux juger. 11 y vint une fois iju'il y avoit peu de inonde, et fut confirmé

1 Mentùim des Da»ies, pupv 2GG.

<lans la pensée gue, plus cola était beau et singulier, plus le danger était a craindre pour les Demoiselles... Et, étant convaincu que cela ieroit tôt nu tard de mauvais effets, il conseilla a. Madame de Maintenou de faire cesser peu à peu ce spectacle, lui taisant un grand scrupule des maux qui en pouvaient arriver, qui, pour n'être pas apparents, à cause du respect qu'on avoit pour elle, et la crainte du Roi, n'en seroîent peut-être pas moins grands devant Dieu, et nuiraient infiniment fl la bonne éducation dos Demoiselles. Madame de Maintenou, que les réflexions faisoient penser de même, n'eut pas de peine à suivre ce conseil, et le fit agréer au Roi, quoique, par son inclination, il auroit mieux aimé qu'on eût continué de l'aire comme auparavant, a

Ajoutons que les poiïtes ennemis de Racine s'étaient ligués avec les gena de bien, ennemis des spectacles, pour faire échouer ou suspendre les représentations A'Athctlie. Madame de Maintenon fut accablée de lettres anonymes, et il se répandit dans le public un déluge d'épigrammes aussi plates qu'odieuses. En voici une attribuée a Fontenelle:

Gentilhomme extraordinaire.

Poète missionnaire, Transfuge de Lucifer, Comment diable as-tu [ni faire Four renchérir sur Stthtr?

Il faut espérer, pour l'honneur de Fontenelle, i[iic la tradition s'est trompée, et que ces misérables vers ne sont pas de lui. Au reste, Madame rie Maintonon savait mieux que personne le cas qu'il fallait l'aire de ])areilles attaques, et elle n'épousa en aucune façon la querelle des poètes. Mais elle ne put fermer l'oreille aux plaintes et aux remontrances qui lui tinrent de Saint-Cyr même, et les idées de réforme, faiblement combattues par le Roi, prévalurent

Nous avons vu dans un précédent chapitre les dames de Saint-Louis n'assister que par contrainte aux représentations ù'Eslher. Elles n'approuvaient point ces spectacles, et voioi comment elles s'en expliquent dans leurs Mémoires par la plume de madame du Pérou, l'annaliste de la Communauté.

« Quoique nous eussions, dit cette dame, nos places margaées à Esther, qu'il nous Eût libre

d'y aller, et que le Roi témoignât être bien aise de nous y voir, nous usâmes sobrement de cette liberté, et, passé les premières fois, noua y fûmes

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peu, la plupart Rimant mieux donner ce temps à la prière ou a quelque bonne occupation qu'à prendre ce plaisir, bien qu'il lut innocent. Comme on étoît là à la vue de t * m t le monde, cela ne laissoit pas de nous paroi tre peu convenable à notre état, et nous tenoit dans une grande circonspection, outre que messieurs nos directeurs nous avoient tellement portées à Dieu, que nous ne nous souciions guère de rien que de lui plaire; même, plusieurs de nous, lorsqu'elles assistaient à ce spectacle, étoieut bien plus occupées de sa présence que de tout ce qui s'olïi'oit à leurs yeux. »

Ces sentiments étaient naturels chez des religieuses destinées par vocation et par état à la retraite et à l'ignorance du monde. Le luxe, le bruit et le mouvement de ces t'êtes devenues les t'êtes de la Cour, troublaient et inquiétaient leur conscience; elles n'y étaient point à l'aise ; elles s'y sentaient déplacées. Madame de Maintenon n'eut pas de peine à comprendre les inconvénients d'une telle situation. Voici ce qu'elle écrivait à l'abbé Gobelin, son confesseur, le 14 février 1689, dans le temps même des premières représentations iïEsther :

« La représentation tl'Eslher m'empêche de voir les dames de Saint-Cyr aussi souvent que s

je le voudrais; je no puis plus en supporter la fatigue, et j'ai résolu, «ans le dire, de ne la plus l'aire jouer pour le public. Le Roi vient, et Apres cela nos actrices seront malades et ne joueront plus qu'en particulier, ou pour le Roi s'il l'ordonnoit. Nous retrouverons tout en paix, s'il plait à Dieu, pour passer saintement le carême. »

La résolution de Madame de Maintenou était donc dès lors bien arrêtée. On a vu, en etl'et, que [a reprise d'JSsther, en 1690, se fit presque à huisclos, et que la Cour n'y fut plus admise.

Il faut dire que si les dames de Saint-Cyr n'aimaient point le théâtre, tes Demoiselles, au contraire, l'aimaient trop, au gré de Madame de Maintenou. Elles ne parlaient et ne s'occupaient plus d'autre chose. Elles devinrent dilliciles à gouverner; la règle de la maison en souffrit, <'t enfin, ce carême, dont parle la lettre précédente, se passa moins saintement qu'on ne l'eût souhaité.

L'une des pratiques essentielles du carême à Saint-Cyr consistait à garder chaque jour un profond silence « dans les temps marqués, »

c'est-à-dire durant de longues heures. Une semblable observance, au lendemain des représentations d'Esthcr, était, on en conviendra, des plus méritoires, mais aussi des plus difficiles.

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Les darnes de Saint-Louis eurent à déplorer îles contraventions nombreuses, qu'elles s'efforcèrent vainement de réprimer par des punitions ou des reproches. Madame de Maintenon, sur les plaintes qu'on lui fit de la dissipation des Demoiselles, essaya d'intervenir, grondant les unes, caressant les autres, sans en être obéie davantage . Elle voulut alors les convaincre par sou propre exemple ; et. un jour (c'est elle-même qui le raconte dans une de ses lettres) ayant réussi à s'échapper de Versailles dès le matin, et étant arrivée de bonne heure à Saint-Cyr, elle se fit amener un certain nombre de jeunes li lies choisies parmi les plus rebelles au silence, alla s'enfermer avec elles dans une des salles de la Jioberie , et y demeura jusqu'au soir sans prononcer ni permettre qu'on prononçât un seul mot.

La leçon, cette fois, fut mise à profit, et, pendant quelque temps, ceiie pratique si cruelle du

silence l'ut étroitement observée. Mais les Demoiselles donnèrent bientôt à leurs maîtresses et à leur fondatrice d'autres sujets de peine.

La magnificence de leur maison, établie avec tant de -sollicitude par Louis XIV, la protection sans cesse agissante de ce grand roi , ses lar-

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gesses, ses fréquentes visites (lorsqu'on le savait si occupé d'autre part, si chargé d'affaires et si Justement économe dfl -son temps!) la renommée toute récente du théâtre de Saint-Cyr; le géllîa de Bacille employé uniquement à instruire età divertirces heure uses jeunes filles; l'admiration enfin de tant de personnes illustres et lettrées qui composaient alors la cour de France, et qu'on pouvait appeler l'élite du royaume, tout cela était certes bien l'ait pour inspirer de l'orgueil aux plus vertueuses.

a Elles devinrent, disent les dames de Saint- Louis, lières, dédaigneuses, hautaines, peu dociles; » elles prirent avec trop d'affectation le ton et les airs de la Cour; elles oublièrent l'humilité de leur condition et la pauvreté de leurs familles: <• elles révèrent mariages, grandeurs, richesses. » — ■< Saint-Cyr, disaient-elles, est présentement à ta mode; >> et chacune croyait contribuer par son mérite a la gloire commune. Le monde, qu'elles n'avaient l'ait qu'entrevoir, excitait leur curiosité et leurs désirs; « il n'étoit plus question entre elles que d'esprit et de bel esprit; on se piquoit d'en avoir et de .savoir mille choses vaines et frivoles. » On n'acceptait sur tout cela aucune remontrance, et les Dames

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voyaient diminuer chaque jour leur autorité.

Enfin, USfi prompte réforme était nécessaire si l'on voulait revenir encore à la discipline et à la régularité primitives île l'Institut.

Le 20 septembre 1091 , quelques mois après les [rois grandes répétitions tYAthaUc, Madame île Maintenon écrivait la lettre suivante à madame de l'uni aines , niai tresse générale des classes :

« La peine que j'ai sur les filles de Saint-Cyr ne se peut réparer que par le temps et par un

changement entier de l'éducation que nous leur

avons donnée jusqu'à cette heure; il est bien .juste que j'en soutire, puisque j'y ai contribué plus que personne, et Jfi serai bien heureuse si Dieu ne m'en punit pas plus sévèrement. Mon orgueil s'est répandu par toute la maison, et le fond en est si grand qu'il l'emporte mémo pardessus mes bonnes intentions.

» Dieu sait que j'ai voulu établir la vertu à Saint-Cyr, mais j'ai bâti sur le sable; n'ayant point ce qui, seul, peut l'aire un louilement solide, j'ai voulu que les tilles eussent do l'esprit, qu'on élevât leur DEBUT, qu'on format leur raison; j'ai réussi à ce dessein: elles ont de l'esprit et s'en servent contre nous; elles ont le cœur élevé, et

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sont plus ftères et plus hautaines qu'il ne convlendroit fia l'ôtw aux plua grandes princesses; à parler même selon le monde, nous avons formé leur raison et les avons rendues discoureuses, présomptueuses, curieuses, hardies. C'est ainsi que l'on réussit quand le désir d'exceller nous fait agir. »

Madame de Malntanon, on le voit, n'avait pas besoin de prêter l'oreille aux cabales. Klle avait elle-même contre l'éducation raffinée de Saint- Cyr, et en particulier contre les spectacles, des griefs sérieux. Sa correspondance a cette époque est intéressante à consulter. Voici ce qu'elle écrivait en décembre 1690, au moment même où. l'on préparait AthaUc, à une élève de la classe bleue qui devait tenir l'un des principaux rotes du chant dans la pièce.

« 11 m'est revenu une désobéissance que vous avez faite à madame de Labarre, et j'ai arrêté la punition qu'on vouloit vous faire. Comment pouvez-vous croire qu'on souffrira de pareilles révoltes? Y a-t-il quelque exception là-dessus? Est-ce que vous vous croyez nécessaire parce que vous avez la voix belle, et pouvez-vous me connoltre et penser que la représentation A'Athalie l'emportera sur les règlements que nous

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voulons établir à Saint-Cyr ? Non, certainement, et vous sortirez de la maison si J'entends encore porter de vous ' . »

C'est le plus souvent aux bleues, à ces bleues autrefois si sapes, que l'Institutrice adresse ainsi des reproches. C'est parmi elles en effet que se recrutait presque exclusivement le personnel de la tragédie. Or, ces jeunes chanteuses, encore tout enivrées des succès du théâtre, ne voulaient pas, comme elles disaient, gâter leur voix avec du latin, et refusaient, â l'église, de chanter les psaumes.

« N'avez-vous donc de voix que pour le monde, leur écrivait Madame de Maintenon, et ret'usezvous de consacrer à Dieu les dons qu'il vous a donnés? N'est-ce que l'attrait du théâtre et des louantes qui vous faisait célébrer dans les chœurs dfl Racine, avec tant de plaisir, les bienfaits et la puissance du Seijineur ? »

Ces réflexions amenèrent Madame de Maintenon a remanier et â modifier profondément son œuvre, et en cela elle alla trop loin. Elle interdit toute lecture profane, tout exercice littéraire, et fit succéder, dans l'éducation de Saint-

1 Ltttrts sur VEilueatifiii, page 71).

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Cyr, à un excès «le culture et de politesse, un excès de simplicité' et d'ignorance. Madame de Maiatenon eut tout à coup la haine des livres. r II y a, dit-elle dans ses instructions aux Dames, des livres mauvais par eux-mêmes, tels que sont les romans, parce qu'ils ne parlent que de vices et de passions; il y en a d'autres qui, sans l'être autant, ne laissent pas d'être dangereux aux jeunes personnes, en ce qu'ils peuvent les dégoûter des livres de piété, et qu'ils enflent l'esprit, comme par exemple l'histoire romaine ou l'histoire universelle , du moins celle des temps fabuleux. »

Nous sommes bien loin, ce semble, des vues et des intentions premières de la fondatrice de Saint-Cyr. Cette noble maison qui devait s'élever si fort au-dessus des couvents, ne sera bientôt plus elle-même qu'un couvent. On enseignera aux jeunes filles l'humilité, la simplicité, la piété, et pas autre chose. On multipliera les exercices de dévotion et les travaux manuels, afin de les préparer, suivant les cas, aux soins du ménage ou a la pratique de la vie religieuse.

Madame de Maintenon, qui est pour le moins aussi savante que l'hilaminte, en vient a rai-

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sonner comme Chrysale. Volontiers elle dirait avec lui :

Qu'il n'est pas bien honnête et pour bemoMf de cat Qu'ans femme SUldJ. et sache tant de chose*, former aux bonnes mœurs l'esprit de ses enfants. Faire aller son ménage, avoir l'œil sur sas gens. Et régler la dépense ave économie,

tout, » mais a la condition de paraître ignorer parfois les choses qu'elle sait :

Sans citer les auteurs, shus dire de grands mots, Et cimier de l'esprit j ses moindres propos.

Madame de Maintenon voulut combattre cette manie de l'esprit, du bel esprit qui régnait à Saint-Cyr et qu'elle avait elle-même provoquée. Il fallut brûler ce qu'on avait adoré. « On écrit trop à Saint-Cyr, disait-elle, on ne peut trop en désaccoutumer nos Demoiselles. Il vaut mieux qu'elles n'écrivent pas si bien que de leur donner le goût de l'écriture, qui est si dangereux pour des filles... Ne leur montrez plus de vers ;

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tout cela élève l'esprit, excite l'orgueil, leur fait goûter l'éloquence etles dégoûte de ta siuipli*-it(? ; je parle même de vers sur de bons sujets; il vaut mieux qu'elles n'en voient point. »

Mademoiselle de Scudéry avait composé pour Saint-Cyr, à la prière de Madame de Maintenon, des conversations morales qui sont loin de valoir celles que Madame de Maintenon lit elle-même, fin y remarque une afféterie qui n'eut pas été d'un bon exemple. Ces conversations lurent prêtes et arrivèrent lorsque la réforme était d<jà commencée. Madame de Maintenon en Interdit, bien B&tendu, l'usage. » Ne leur apprenez point, écrit-elle à madame de la Maisonfort, en septembre 1(591, les conversations que j'avois demandées : laissez tomber toutes ces choses-là sans en rien dire, et que tout soit conduit par la piété. »

Malheureusement, on confondit dans une même réprobation les bons et les mauvais livres ; on confisqua tous les manuscrits sur quelque matière que ce fût ; on proscrivit même pendant un temps des exercices de la classe Esthcr et At/ialic, et l'on se borna a des instructions fort simples sur des sujets pieux.

Après plusieurs mois de ce régime, madame

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de Saint-Etienne, première maîtresse des jaunes, écrivait à Madame de Maintenon: « Consolezvous, madame, nos filles n'ont plus le sens commun. •>

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CHÀPIÏItE IX

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