RÉFORME DE LA MAISON DE SAINT-LOUIS
La réforme n'atteignit pas .seulement les Demoiselles ; elle s'étendit aux Dames, dont la conduite et les mœurs n'avaient certes pas besoin d'être réformées. Le nouvel évêquc de Chartres, Godet des Marais, que nous avons signalé déjà parmi les adversaires les plus déclarés du théâtre, fut l'àme de la réforme. On le disait suscité par Dieu pour le salut de Saint-Cyr.
("était un prêtre d'une grande piété, instruit, zélé, dévoué à ses devoirs, mais d'une sévérité de principes excessive.
« Il avoit. dit Saint-Simon, un extérieur de cuistre.... une longue ligure malpropre, décharnée, toute sulpicienne.... On le prenoit pour un homme sans monde, sans talents, de peu d'esprit et court de savoir, que le hasard de Saint- Cyr établi dans son diocèse avoit porté où il étoit, noyé dans ses fonctions, et sans autre appui ni autres eonnoissances.
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» Ce prélat, continue Saint-Simon, n'étoit rien moins que ce qu'on s'en nguroit. II étoït fort savant, et surtout profond théologien; il yjoignoit beaucoup d'esprit, do la douceur, de la fermeté, même des grâces, et, eo qui étoitle plus surprenant dans un homme qui n'étoit jamais sorti de la profondeur de son métier, il (''toit tel pour la Cour et pour le monde, que les plus fins courtisans auroient eu peine à le suivre, et auroient eu à profiter de ses levons; mais e'étoit en lui un talent enfoui pour les autres, parce qu'il ne s'en servoit jamais sans de vrais besoins. »
Avant d'être appelé à l'évficué de Chartres, Godet des Marais était prêtre de Saint-Sulpice. Il prêchait, confessait, catéchisait, dirigeait, allait visiter les malades et les prisonniers, donnait tout son hien aux pauvres. Il se laissa dillicilenient arracher à sa solitude.
Lorsqu'on vint le chercher de la part de Madame de Maintenon, on le trouva dans une petite chambre sans feu, n'ayant pour tous meubles qu'un méchant lit, une chaise de paille, un pupitre sur lequel il méditait et priait, une cârte de Jérusalem attachée à la muraille, et un clavecin dont il jouait quelquefois pour se délasser l'esprit.
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