DÉBITS DE LA DUCHESSE D8 BOC RGOGNE
dit qu'elle ne réussiroit pas ; que c'étoit une pièce Tort froide; que Racine s'en était repenti ; quej V 1 tf>is La seule qui l'estimoit, et mille autres choses qui m'ont fait pénétrer, parla connnissance quej 'ai de cette cour-là, que son personnage lui déplaît. Elle veut Jouer Josabeth qu'elle ne jouera pas comme la comtesse d'Aven ; elle fera pourtant tout ce que je voudrai. Je lui ai répondu que ce n'étoit pas à elle de se contraindre dans un divertissement que je n'avois imaginé que pour elle. Elle est ravie et trouve Athalie merveilleuse. Jouons-là puisque nous y sommes engagés, mais, en vérité, il n'est point agréable de se mêler des plaisirs des grand*). Vous faites aussi ces choseslà trop parfaites, trop magniiiipii's, trop dépendantes d'eux. L'aimée prochaine nous prendrons un autre tour. En attendant, il faudra que la comtesse d'Ayen fasse Salomith; car, sans compter ce que l'on doit à madame de Chailly 1 qu'on fait venir pour jouer Athalie, je ne puis me résoudre à voir la comtesse d'Ayen jouer la furieuse.
Bonsoir, mon cher neveu ; nous nous étions promis des plaisirs, et voilà des dégoûts. Je ne sais
1 Ancienne élève île S;iinl-('vr, Elle s'aphehii matU-m nielle de Mornanville, i.vuit été, rotnrae mademoiselle d'Osmont. secrétaire de Minium.- île Mninieiinn, et avait épousé, en uuillant la maison, le président de Chailly.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de Fi
Ii6 LE THEATRE DE SÀ1NT-CYK
comment étoit te momie avant moi ; mais depuis que je le connois, il est bien comme cela. »
Tout s'arrangea pourtant ; la comtessp d'Aven 6ôda de bon cœur son rôle à sa jeune amie, qui, ainsi que nous le verrons plus loin, s'en acquitta à merveille. Il y eut trois représentations consécutives iVAthalie. Dangeau parle de la première en ces termes :
« Du mardi 14, à X'ersailles. — Madame la duchesse de Bourgogne alla hier au liai ohei madame du Maine, et aujourd'hui elle a joué chez Madame de Maintonon Alhalie (rôle de Josabcth). Le Roi y vint à deux diffé rentes reprises ; mats il n'y put pas demeurer toujours, parce qu'il avoit beaucoup à travailler avec M. de Pontchartrain. •>
Dangeau mentionne sans aucun détail les représentations du 23 et du £5 février qui lurent cependant très-brillantes. En voici, d'après le Mercure galant, le compta-rendu complot :
« On a joué a la Cour VAt 'Italie do M. Racine avec tous les ornements et les chœurs, mis en musique depuis longtemps par M. Moroau, qui avoit fait ceux iXEslher. Ces chœurs ont été parfaitement bien exécutés par les demoiselles de la musique du Roi. Madame la duchesse de