DÉBUTS DE LA DUCHESSE DE BOURGOGNE
Bourgogne a joué Josabeth avec toute la grâce et tout le bo» seus imaginable, et quoique son rang pût lui permettre de l'aire voir plus de hardiesse qu'une autre, celle qu'elle a fait paroltre, seulement pour marquer qu'elle étoit maîtresse de son rôle, a toujours été mêlée d'une certaine timidité que l'on doit plutôt nommer modestie que crainte. Les habits de cette jeune princesse étaient d'une grande magnificence. Monsieur le duc d'Orléans a parfaitement bien joué le rôle d'Abner, et avec une intelligence que l'on n'attrape que lorsque l'on s beaucoup d'esprit ; M. le comte d'Aven a jouéJoad et madame la comtesse sa femme Salomith. Ceux qui les connoissent sont persuadés qu'ils ont très-bien rempli ces deux rôles. Quand on a de l'esprit infiniment, on réussit dans tout ce qu'on veut se donner la peine d'entreprendre.
» Madame la présidente de Chailly s'est fait admirer dans le rôle d'Athalie. M. le comte del'Esparre, second fils de M. le duc de Guiche, qui n'a que sept a huit ans, a charmé dans le personnage du jeune roi Joas ; M. de Champeron, qui est encore fort jeune, a fort bien réussi dans le rôle du fils du grand-prétre, et celui du grandprêtre été jnué par le sieur Baron, qui, au
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sontimont <lf tous c<uix qui l'ont vu. n'a jamais joué avec plus de force. »
Ces représentations, malgré leur éclat, n'eurent qu'un non i ]]]■!' trvs-rcstt'ciiit, mais aussi très-choisi dp spectateurs. Il n'y avait place, nous dit Saint-Simon, que pour quarante personnes. Nous retrouvons sur la scène trois de nos actrices de Saint-Cyr : la duchesse de Bourgogne, mademoiselle d'Atlblgné. . maintenant comtesse d'Aven ', et mademoiselle de Monianville, devenue la présidente de Chailly.
On donna encore sur le théâtre de la Cour, pendant le carnaval de H02, VAbsalon de Duché, et une jolie comédie de Jean-Baptiste Rousseau, la Ceinture magique, dont le duc d'Orléans avait
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fourni l'idée et qui l'ut improvisée en douze Lettrés. Euiin, le Mercure dit que l'on ajouta à la troisième représentation A'Àbsaion les précieuses ridicules de Molière.
Cependant, le théâtre île Saint-Cyr, transporté à Versailles par la duchesse de Bourgogne, était sur le point de renaître à Saint-Cj r même. Le zèle des réformateurs s'était depuis longtemps refroidi, On a vu que Madame de Maîntenoii, après avoir tout d'abord interdit d'une laron absolue les spectacles, en avait bientôt rétabli l'usage dans les classes, mais comme un simple exercice littéraire. " Renfermez, disait-elle, ces amusements dans votre maison, et ne les faites jamais en publie, sous quelque prétexte que ce soit. 11 sera toujours dangereux de l'aire voir à des hommes des filles bien laites et qui ajoutent des agrémenta à leurs personnes eu taisant bien ce qu'elles représentent. N'y souffrez donc aucun homme, ni pauvre, ni riche, ni vieux, ni jeune, ni prêtre, ni séculier; je dis même un saint s'il y en a sur la terre. •• Madame de Maintenon revint encore sur cette
même, à Saint-Cyr, une représentation lYAthalic en l'honneur de M. d'Aubi-rné, évêque de Noyon, son parent. Ou dressa un théâtre dans le parloir ;
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quelques dames de la Cour et les confesseurs de la iiiai.s(iii s'étaient joints au prélat. Les Demoiselles jouèrent en habit de Saint-Cyr : il parut qu'elles n'avaient pas trop oublié les leçons de Racine, et toute la compagnie se montra fort satisfaite.
Le lendemain, Madame dfl Maintenon eut bien Quelques remords: 8 .le ne suis pas sans peine, écrit-elle à la Supérieure, sur ce que nous finies hier. Vous savez comment nous nous sommes embarquées ; mais j'espère, et je vous en conjure, que ce soit la dernière fois. »
Les malheurs publics qui attristèrent la lin du règne de Louis XIV, les deuils successifs qui se produisirent presque sans interruption dans la famille royale, la mort surtout de cette charmante ducbcsse de ISourgog&g, qui l'ut pour Sainte CjT une perte irréparable, toutes ces circonstances contribuèrent plus que les résolutions de Madame de Maintenon à faire oublier et abandonner le théâtre. Pourtant, quelques années plus tard, au mois de juin 1715, le Prince (docteur de Saxe, Frédéric-Auguste, voyageant en France sous le nom de comte de Lusace, demanda et obtint que l'on jouât pour lui l'une des deux tragédies. On choisit Estlwr. Mais une indisposition, dont il fut pris au dernier moment, lit
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