DÉBUTS DE LA DUCHESSE DE BOURGOGNE (SI
contromaiidor la représentation. Le Journal de
Dangeau mentionne le fait en ces termes :
« Dimanche 2 juin 1713, à V«r$0Wé9. — M. le ermite de Lusace, qui a pril congé du Roi, avoit fort souhaité de voir Saiiit-C,vr, et Madame de Maintenon l'y attondoit au.jounl'hui, où, après lui avoir montre 1 la maison, elle lui préparait un divertissement qui étoit de faire jouer la comédie (V Ksi lier \mv les demoiselles de Saint-Cyr; mais la lièvre prit hier à ce prince, et il envoya un courrier à madame de Dangeau pour la prier de faire ses excuses; et en même temps il souhaite fort que l'honnêteté" qu'avoit Madame de Maintenon de le vouloir bien recevoir a Naint- Cyr ne soit que diffiârëe, espérant Epa sa maladie n'aura pas de suite. »
Mais à peine le comte de Lusace lut-il rétabli, que Louis XIV tomba gravement malade. Le Roi mourut, comme on sait, au mois île septembre suivant. Dès lors, il fallut dire adieu pour longtemps aux représentations et aux. fêles. Madame de Maintenon s'enferma a Saint-Cyr pour pleurer et prier, et toute la maison pleura et pria avec elle.
Peu de temps après, l'on reprenait a la nouvelle cour Esther et AUialie, avec la troupe formée autrefois par la duchesse de Bourgogne.
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Le Ragent aimait ces tragédies, dans lesquelles il avait souvent joue 5 son rôle; il voulut tes revoir. Les représentations se firent tantôt à Versailles, tantôt à Sceaux, chez la duchesse du Maine, qui donnait en ce temps-la, sous le nom de Nuits manches, des l'êtes restées célèbres.
Du vivant de Louis XIV. il avait été formellement défendu aux comédiens de représenter Esther et Athalic sur le théâtre public. Les privilèges imprimés eu tête des éditions originales reconnaissent aux dames de Saint-Cyr la propriété exclusive de ces deux tragédies. « Ayant vu iious-inême (c'est le Roi qui parle) plusieurs représentations dudit ouvrage dont nous avons été satisfait, nous avons aux dames de ladite communauté de Saint-Louis permis et accordé, par ces présentes, de l'aire imprimer ledit ouvrage, etc., avec défense à tous acteurs et autres montant sur les théâtres publics d'y représenter ni chanter ledit ouvrage... »
Cette défense fut levée par le Régent en WIft, moins d'un an après la mort de Louis XIV. La première représentation publique d'Athalie eut lieu le 4 ou le5 mars HI6 '. Dangeau mentionne
1 Mariante di- MaiiiU'ilun écrivait ù M propos : « Je suis
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cet événement sans aucun commentaire; il n'est pas aile" au théâtre; il croit pourtant savoir que la pièce a réussi. Le Mercure d'avril constate le succès en l'exagérant un peu. Deux actrices, la Desmares et la Duclos, Athalie et Josabeth, brouillées à mort pendant les répétitions, se donnaient la réplique avec une fureur qui convenait merveilleusement à leurs rôles. Un tout jeune enfant, tlls du portier de la Comédie, se lit beaucoup applaudir dans le rôle d'Eliacin. Madame de Caylus vit cette représentation et regretta les actrices de Saint-Cyr. « Je crois, ditelle, que M. Racine auroit été fâché de voir sa pièce aussi défigurée qu'elle m'a paru l'être par une Josabeth lardée, une Athalie outrée et par un grand prêtre (Beaubour) plus capable d'imiter les capucinades du petit père Honoré que la majesté d'un prophète divin. <■
Eu effet, le succès ne se soutint pas. Les chœurs, l'orchestre, toute la partie lyrique et musicale avait été supprimée, à cause îles difficultés de l'exécution. L'œuvre ainsi dépouillée de son prin-
élannfe de ce tjue M- 1" cardinal de Noadles ne s'oppose pas
liii'ii. ilinlnuif . • | ■ i < > ii [,■ tr..iiïr In^-niauviiis à S;. inlCvr, ■' (Letlre a Madame de Dau^au publuv par La Bia unie lie).
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iiii I.K THÉÂTRE DE SAINT-CTR
cipai aprément parut fruîde. Eslhcv fut jouée de morne en 1721 par les acteurs do la Comédie et n'eut que huit représentations.