CHAPITRE XV
HOU AGE WALPOLE MESDAMES DE PROVENCE ET D'ARTOIS MAIîIE- ANTOINETTE A SAINT-CYR
Quelque années s'exoulent pendant lesquelles nous n'avons presque aucun renseignement sur les spectacles donnés a Saint-Cyi'. La Reine et les princesses visitent fréquemment la maison; il est probable qu'on joue encore quelquefois La tragédie devant elles, car le théâtre subsiste toujours, mais ce doit être en petit comité, sans aucun retentissement au dehors. Quant aux grandes représentations, comme celles de n."»(>. dont s'occupe la Omr, dont te Mercure et la Gazelle rendent eompte, elies deviennent de jilus en plus rares, et a peine pourrons-nous en signaler trois ou quatre encore avec certitude avant n0'2. date fis la suppression délinitive de l'Institut de Saint- Louis.
Mais, si les documents sur le théâtre nous font défaut pour une période de quelques années, nous
Source galllca.bnf.fr
Bibliothèque nationale
iso LB thkatre de saint-ctr
savons du moins par de nombreux témoignages que rien n'était engagé à Saint-Cyr. que l'éducation y était toujours élégante, distinguée, aristocratique, quoique chrétienne et pieuse, et que les traditions littéraires, qui faisaient la gloire de l'Institut, ne sY'taient nullement affaiblies.
Saint-Cyr et son théâtre étaient connus et cités dans l'Europe entière; déjà, on avait essayé
logne, en Allemagne, eu Dancmarck, en Suéde.
La seule de ces imitations de Saint-Cyr qui réussit et dura quelque temps, fut une maison fondée à Vienne, en Autriche, sous la direction de mesdemoiselles de Fosieres et de rEnt'eriiat. élèves de Saint-Cyr.
En HOU, Horace Walpole. l'illustre ami de madame du Delfand, visita Saint-Cyr. Cette visite nniis est racontée par lui-même dans une lettre que nous allons reproduire et qui nous montre la maison de Saint-Louis, quatre-vingts ans après sa fondation, toujours digne de son origine, toujours semblable à elle-même, et telle enfin que nous l'avons décrite dans les premières pages de œ livre. Les années n'ont apporté que d'imperceptibles changements. L'uniforme a été modifié et quelque peu embelli; mais les règlements éta-
Source gallica.hnf.fr / Bibliothèque nationale de France
HORACE WAI.I'OI.E A SAINT-C.YR 181
blis par Madame de Main tenon ne s'opposaient pas à ce qu'on suivît d'un pou loin la mode dans les habillements des Demoiselles.
Il est à remarquer que l'on ne fit point jouer la tragédie devant Horace Walpole et que même on ne lui montra pas la salle de spectacle, tandis qu'il visita en détail toutes les autres parties de la maison. C'est que Walpole était étranger, protestant, ami des philosophes, auteur de romans dont l'Eglise interdisait la lecture; c'est, enfla, qu'il avait une réputation des plus mondaines. On ne jugea pas à propos de lui l'aire passer en revue, sur ta scène, tout le charmant personnel de la tragédie. Mais on fit chanter pour lui dans les classes les chœurs tfA/halie, et quelques jeunes filles jouèrent sous ses yeux les proverbes de Madame de Maintenon. Cela pouvait lui donner encore une assez agréable idée du talent dramatique îles Demoiselles. Voici sa lettre, datée du 17 septembre llfi'J et adressée à son ami Georges Montagu:
«i J'avais obtenu, dit-il. de l'évéque de Chartres la permission de visiter Saint-Cyr; madame du Defland, qui ne laisse échapper aucune occasion de m 'être agréable, avait écrit à l'Ahhesse pour la prier de me l'aire voir tout ce qu'il y avait de cu-
Source galllca.bnf.fr/ Bibliothèque nationale de Frai
idroit; la permission i avait m'admettra ainsi
'évoque i M. de
rioux ea cet f portait qu'on Grave et tes dames de ma compagnie; je priai l'Abbesse de me rendre cette permission pour la déposer dans mes archives de Strnwsnorry; elle
v consentit volontiers. T<Rltefl les portes s'mivrirent devant nous; la première chose que je
désirais voir était l'appartement de Madame de
Maintenu» : il se compose, au rez-de-chaussée, do
deux petites piôç très-petite ohami
.Hicllc le Gzar la le lit, et mainten
bibliothèque et d'une
. la
rut:
ut la
de
la famille
t tapissé, le. On ne peut S'empécbeT de remarquer la simplicité de l'ameublement et l'extrême propreté i[ui régne partout 1 . On grand appartement qui se trouve au-dessus, composé' de cinq pièces, et destiné par Louis XIV à Madame de Maintcnen, sert maintenant d'infirmerie*: il est, rempli de lits a rideaux blancs fort
la UKrathtoue wSSl*. Ces©
■^U- V.-i-.nllj -, .l;u>-. lu ~M, <]<■
i, dît-on, à lu fondu trki' àv Saint-Cyr.
up[iurti!]iiuul du général BBWWMImMtt
e galllca.bnf.fr / Eiljliotli'Vqi.i-; nationale de France