‹ Le Théâtre de SaintCyr 16891792 d'après des documents inéditsChapitre 38 sur 64 · HORACE WALI'OLE A HAINT-CYR · texte numérisé non relu

HORACE WALI'OLE A HAINT-CYR

propres et orné de tous les passages de l'Ecriture qui pouvaient donner ;'i entendre que la fondatrios était reine. L'heure des vêpres étant venue, ou nous conduisît 8 la chapelle, et je lus placé dans la tribune de Madame de Mainteiicm ; les pensionnaires, dont chaque classe est conduite par une Dame, viennent deux à deux prendre leurs siégea et chantent tout le service. Lesjeunes filles, au nombre de deux cent cinquante, sont vêtues de noir, avec de petits tabliers pareils, qui sont, ainsi ([ne leurs corsets, noués avec des ruban? hieus, jaunes, verts ou routes, selon les classes; celles qui sont à leur tête ont, pour marque distinctive, des nœuds de diverses couleurs. Leurs cheveux sont frisés et poudrés. Elles on t pour coiffure une espiVe de bonnet rond, avec des fraises blanches et de grandes collerettes; enfin leur costumeesttrés-i'dé^nnt'. Les religieuses sont tout habillées de noir avec des voiles de crêpe pendants, des mouchoirs d'un blanc mat, des bandeaux et des robes à longue queue. La chapelle est. simple, mnis Tort jolie; au milieu du chœur, sous une dalle repose la fondatrice. Madame de

Mario LwkLiska. à IWasion des représentations 1 de 1756,' fit

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Cambis. l'une des religieuses qui sont .tu nombre d'environ quarante, est Le] le comme une madone 1 . L'Abbesse n'a qu'une croix d'or, plus grande et plus riche, qui la distingue ries autres; son appartement consiste en deux pièces fort petites. Nous vîmes là jusqu'à vingt portraits de Madame de Maiutenon. Le portrait en pied au manteau royal, dont je possède une copie, est le plus souvent répété; mais il en est un autre dans lequel on la représente vêtue de noir, avec une grande coiffure en dentelles, un bandeau et une robe traînante: elle est assise dans un fauteuil de velours cramoisi; entre ses genoux se trouve sa nièce, madame île Noailles, encore enfant; dans le lointain un découvre nue vue de Saint-Cyr. On nous montra quelques riches reliquaires ; ensuite nous

fûmes conduits dans les salies de chaque classe. Dans la première eu ordonna ans Demoiselles qui jouaient aux échecs de nous chanter les chœurs d'A thatie; dans la seconde on leur lit exécuter des menuets et des danses de campagne, tandis qu'une religieuse, un peu moins habile que sainte Cécile, jouait du violon. Dans les autres elles répétèrent les proverbes ou dialogues qu'avait écrits

i Elle était actrice en i"56, et jouait Uans Athnlie le rôle de Joas.

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BOUCS WALPOLB A SAINT-CYR i8 ;>

pour leur instruction Madame de Maintenon

Ile là, nous visitâmes Ips dortnirs, puis nous fûmes témoins du souper; enfin, on nous mena aux archives', où nous vîmes des volumes de lettres clB Madame de Maintenon; une des religieuses me donna même tm petit morceau de pa-

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Cyr à l'occasion de leur mariage. L'usage de montrer Saint-Cyr aux jeunes princesses qui entraient par une alliance dans la famille royale était depuis longtemps établi, et l'on n'y manquait jamais. Les Registres nous fournissent ici encore de curieux renseignements. On chargea un M. Coqueret, musicien peu connu, attaché sans doute ii la maison comme organiste ou comme maître à chanter, île composer des airs pour une petite pièce de circonstance, une idylle, dont l'auteur n'est pas nommé. M. Coqueret organisa la mise en scène et monta la pièce. Voici BU surplus le texte même des Registres :

Eatraordinain 4% mou île mai ATlt.

Damé ù M. Gamnst pour li awqae de la petite ktitte (sir), laite pour Mu.la.no U < lomtcae «le Provence, le temps qu'il

A M. Opieresi, pour 1rs dépenses r[u il a taîU's à l'occasion «Y la patte Mille tfa Madame In Dauphin,- ri île Madame la Comtessi! «U; Provence, la somme «le cent quarante livres tfl)

On voit par ce dernier article' que la Daupliine, Marie-Antoinette, tout récemment mariée, elle aussi, accompagnait la comtesse Se Provence :i Saint-Cyr. Nous savons de plus qu'elle arriva en retard, et cela, à vrai dire, ne nous étonne point de la part de celte princesse, qui fut une reine charmante mais bien étourdie.

Source gai I lca.bnf.fr / Bibliothèque natlo

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