LA COMTESSE D ARTOIS A SAINT-CYR
deux époques. La Cour ou uni? partie de la Cour a-t-elle assista à la représentation de ces trafrt*dies ? On ne peut pas l'affirmer : mais il serait difficile d'en douter. On sait que Madame Elisabeth venait depuis son enfance presque chaque semaine à Saint-Cyr, accompagnée des dames de sa maison ; comment croire que Jephlê et Jona- Ihas, représentés certainement en ITté et 1TÏ8, ne l'aient pas été une fois au moins devant elle?
La dernière mention qui soit faite du théativ dans les registres de l'économat, ■■•-t la suivante :
Pour la ruccuinmoduge des plumets dr tragédie, 27 '. 16 '.
Cette dépense est du mois de février ÎWI.
Quelques années plus tard, en HHIi, l'Institut de Saint-Louis célébra par de grandes réjouissances qui durèrent trois jours entiers, le centième anniversaire de sa fondation. Une relation imprimée de la fête séculaire de Saint- Cyr nous apprend qu'il y eut. le 1 juillet, un grand discours prononcé dans la chapelle par Pabbé du Serre-Figou, en présence de l'évéque de Chartres, de Madame Elisabeth, de M. d"Ormesson et d'une très-nombreuse assistance. On avait organisé des divertissements de tout genre.
Source gallica.bnf.fr
danses, concerts, feux (t'artilîce, mai. 1 * point de spectacles. Toutefois, dans un passage de soa long et assez éloquent discours, l'abbé du Serre- Figon parle du théâtre, et il le fait en de trèsbons termes :
« Comme ou a juge", dit-il, que les exercises dramatiques l'ont partie d'une belle éducation, et peuvent à certains égards être utiles aux Demoiselles, l'on a laissé subsister le théâtre, et l'on n'a pas cru que ces amusements tolérés dans les monastères les plus rigides, dussent être interdits dans cette Ecole nationale. »
On remarquera cette expression « d'Ecole nationale n se substituant â « Maison royale. » Cela fait l'effet, même en VtfS&, d'un anachronisme. » L'esprit de l'institut, » dit encore le même orateur, est un chef-d'œuvre de philosophie Chrétienne- » Il appelle M. d'Onnessnii un « magistrat-citoyen. » — C'est déjà le ton du jour ; le langage révolutionnaire a précédé de plusieurs années la Révolution.
Source galllca.bnf.fr / Bibliothèque natl