PREMIERS ESSAIS
et usant pour la première fois de sévérité. Madame de Maifitenon lui retira le gouvernement temporel de la maison. La hautaine religieuse no se soumit point davantage : elle déclara que les constitutions de la maison la garantissaient contre toute disgrâce arbitraire, refusa d'entendre les remontrances de 1'évêque de Chartres, et chercha même à entraîner dans sa révolte les Demoiselles de son entourage. Elle était perdue. Le 4 décembre 1G88, Dangeau consigne dans son journal la nouvelle suivante, qui déjà circule à Versailles :
« Madame de Brïnon, supérieure de Saint-Cyr, sortit hier de la maison, et s'en est allée à Paris chez madame la duchesse d'Hanovre. Ou n'en sait point encore la raison, mais on ne doute point que 'ce ne soit de concert avec Madame de Maiutnion ; et c'est apparemment sa mauvaise santé qui l'a obligée île quitter cette maison. »
La mauvaise santé de madame de Itrinon pouvait jusqu'à un certain point donner le change sur sa disgrâce. Elle était 8U^e l'année pnVédi'iitc aux eaux de lïourbon, et avait profité de son voyage pour se faire envoyer des députations. adresser des placets, et rendre des honneurs par les corps des villes où elle passa.
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Mais la cause réelle de son départ précipité étafit qu'elle avait reçu une lettre de cachet portant ordre de quitter aussitôt Saint-Cyr et de se retirer dans un couvent. Madame de Brhion était sortie sans dire un mot à personne, et s'était rendue à Paris, dans l'hôtel de Guise, d'où elle envoya sa démission le 11 décembre suivant '.
Dangeau, qui savait tout d'ordinaire, ignora jusqu'au dernier moment les troubles de Saint- Cyr. Madame de Maintenon avait longtemps espéré qu'avec beaucoup de patience et d'indulgence, cette fâcheuse affaire s'arrangerait, t't elle n'avait point voulu qu'on l'ébruitàt ; deux personnes seulement, l'abbé Gobelin, son con-
apostolique. et eu présence des Iciiimns n-npres ....mimes fui présente dame Marie ,1c Hnn.m. supérieure perpetu.de .1,: la Mais,,], rovalc de Saint-Louis établie à Saïnt-Gvr.au di-.eèse de Chartres, i-t/it prient ulUk: i Ili iu-t] i: pur l ul.i.-dien.'o.le monseigneur levêque de Chartres, chez madame la durasse de Rmnswick, dans l'hôtel de (iuise, piiroi.se de Suiut-,Jeuu-cti-Grcvo, laquelle, de eon plein gré et franche volonté, a lait et OfcMtitaé, tait et rons-
les mains (te mondi plaisir du H ni, la c de ladite maison et cju'il soil procédé à heu et place, a^rréé pourvu sous le ljon
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PREMIERS ESSAIS 4t
fesseur, et l'évêque de Chartres, directeur spirituel de Saiut-Cyr, en avaient reçu la confidence. Le Roi même n'en avait été instruit Qu'après que tout espoir d'accommodement eut disparu.
Nous trouvons encore dans le Journal de Dangeau, à la date du 26 mai 16S9, cette simple mention : « Madame de Louhert a été choisie pour supérieure de Saint-Cyr en la place de madame de Brinon, qui est présentement àMaubuisson pensionnaire. » Cette disgrâce produisit à Saint-Cyr une émotion assez vive, mais qui fut bien vite effacée par l'attrait des représentations iVEsiher.
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CïlAPITIiE III