Acte II, scène II
l'orphelin de la chine 26o
Seigneur, vous commandiez que notre vigilance Aux mains d'Idamé même enlevât son enfance '.
Le style fût-il meilleur, le défaut capital est dans la construction de la pièce. 11 y a duplicité d'action et d'intérêt : dans les premiers actes, il n'est question que du sort de l'Orphelin : dans les derniers, il s'agit de savoir si le conquérant enlèvera la femme du mandarin. La pièce n'avait d'abord que trois actes, et peut-être cett<- duplicité paraissait moins ; l'auteur eut le tort de L'étendre jusqu'à cinq : ce défaut apparut alors en pleine lumière. Grimm écrit que ce lurent les amis de l'auteur qui exigèrent cinq actes au lieu de Irois, et lui firent allonger sa pièce inutilement2. Peut-être fut-ce plulôt le contraire, à en juger par ce que Voltaire écrit à D'Argental 3 : « C'est moi, mon cher ange, qui veux et qui fais tout ce que vous voulez, puisque je vous envoie , par pure obéissance , des Tartares et des Chinois dont je ne suis pas content. Il me paraît que c'est un ouvrage plus singulier qu'intéressant, et je dois craindre que la hardiesse de donner une tragédie en trois actes ne soit regardée comme l'impuissance d'en faire une en cinq. »
Il y a apparence que ce qui avait d'abord frappé l'imagination du poète dans l'Orphelin de Tchao,