La Critique de l'Ecole des femmes, scène vu
compter cinq opéras. Cela fait donc de quinze à dix-huit pièces soi-disant comiques.
Il est impossible de les passer absolument sous silence. Pourt;mt il n'y en a guère que trois ou quatre dont on ait gardé quelque souvenir. Encore n'est-ce pas précisément pour leur mérite. On se souvient de l'une pour un vers ridicule; de l'autre, parce qu'elle est un acte de méchanceté enragée ù l'égard d'un critique; de l'autre, moins pour la pièce même que pour la 1\
II est utile, néanmoins, que nous rasseml>li"iid'abord en un seul coup d'oeil les dates et les titi «■de toutes. Cette liste peul seule vous donner quelque idée de la variété des essais du poète en ce genre comme en tous les autres. — Elle va de 172.; i 1776 : un laps de cinquante et un ans.
172">, l'Indiscret, comédie en un acte, en vers (alexandrins).
I~'J>2, les Originaux, ou Monsieur du Cap -Vert , comédie en trois actes, en prose.
I73i, l'Échange, ou Quand est-ce qu'on mt marie? comédie en trois actes, en prose; représentée d'abord à Cirey, sous ce titre : le Comte de Boursoufle.
1736, V Enfant prodigue, comédie -drame, en cinq actes, en vers (de dix syllabes .
1738, l'Envieux, comédie en trois actes, en vers ^ alexandrins). Sous cette dénomination, l'auteur a voulu désigner et peindre l'abbé Desfontaines , pré -
décesseur de Fréron dans la rédaction d'une sorte de revue critique .
1743. Thérèse, fragment de comédie . premier acte , en prose .
\~V'>. la Princesse de Navarre, comédie-ballot, en trois actes, on vers (irréguliers, ou libr.
174/7, In Prude, comédie, dont nous dirons tantôt doux mots .
1710, Nmme , ou h Préjugé vaincu , comédie en trois actes, envers. — J'y reviendrai dans un instant.
Même sont Femme qui a raison, com<
en trois actesh en vers (alexandrins).
1700. l'Éooseaise, comédie -drame, en cinq actes, en prose. — -Nous l'étudierons tout à l'heure.
1~<>— - l'' Droit du Seigneur, comédie en vers (de
dix syllabes), donnée d'abord en cinq actes sous ce
titre : l'Écuei! du Sage , remise au théâtre en
- actes, l'année qui suivit la mort de l'auteur.
en Picardie, du temps de Henri II.
1707, Chariot, ou la Comtesse de Givry , pièce mixte, sorte de comédie -drame, en trois actes, en (alexandrins). Le second acte commence par les vers suivants :
Jt'LlK
Enfin je le verrai , ce charmant Henri quatre , Ce roi brave et cloment qui sait plaire et combattre, Qui conquit à la fois son royaume et nos cœurs , Pour qui Mars et l'Amour n ont point eu de rigueurs , Et qui sait triompher, si j'en crois les nouvelles, Des ligueurs, des Romains, des héros et des belles.
DES LU V, Kl) 1RS -79
Cfl \klot, dans un coin .
Elle aime ce grand homme : elle est tout comme moi.
Henri IV ne paraît qu'au dénouement, pour
sauver Chariot, fils de de la coml de Givry.
Le dernier vers de la pièce est eelui-ci, que prononce la comtesse el dont le second hémistiche se trouve déjà au quatrième vers de la Henria
Ail- .i- rançais le vainqueur et le peu-.
170'ii. le Dépositaire, comédie en cinq actes, en vers (alexandrins). L'héroïne est Ninon de l'Encl<'- : la scèn M chez elle, rue des Tournelles , au Marais '. Un tartuffe nie un dépôt qui lui a confié; Ninon, à qui on en a confié un auss restitue fidèlement, et se montre plus honnête homme que le faux dévot.
La même année, Voltaire donna le Baron d'Otranir, opéra- bouffe en trois actes, qui devait être mis en inusiqu'' par Grêtry. Un des principaux rôles est en italien; les autres en français. Le libretto l'ut présenté aux comédiens italiens comme l'œuvre d'un jeune homme de province . Ils le refusèrent .
Il en fut de même d'une autre esquisse d'opéncomique intitulé les Deux Tonneaux, qui avait été destiné encore à Grétry , et adressé à lui par voie
1. L'hôtel avait vue, de l'autre côté, sur le rempart (aujourd'hui boulevard Beaumarchais) ; il existe en quoique très modiué; il est contigu au Théâtre Beaumarchais.
indirecte . — Pendant ces détours , Marmontel écri vait un libretto sur le conte de Voltaire intitulé le Huron ou l'Ingénu, ; Grétry le mettait en musique ; et cette opérette était jouée avec succès sur le Théâtre des Italiens, le 20 août 1769. Les Deux Tonneaux, si Grétry l'eût voulu, eussent été aussi une sorte d'opérette, dans le genre d'Orphée aux Enfers. On lit, à la liste des personnages : « Grégoire, cabaretier- cuisinier, prêtre du temple de Bacchus. » iYest-ce pas le même genre d'esprit burlesque qui, au premier tableau d'Orphée , indique le décor en ces termes : « A gauche, la cabane du berger Aristée, avec cette enseigne : Aristée , fabricant de miel. Gros et détail. Dépôt au mont Hymette . » Ici le prêtre-cabaretier- cuisinier » paraît, dit le texte, « en veste blanche et galante, portant un thyrse à la main, et sur sa tête une couronne de lierre. — Un grand buffet tient lieu d'autel. Deux fontaines de vin coulent dans le fond. * Peut-être que tout cela parut un peu irrévérent, même sous couleur de mythologie . Scarron , il est vrai , en avait dit bien d'autres dans son fameux poème du Typhon ; mais ce n'était pas sur le théâtre .
Enfin, en 1776, un petit divertissement, intitulé l'Hôte et l'Hôtesse, fut composé par Voltaire pour le Comte de Provence *, qui voulait donner une fête à la Reine Marie -Antoinette, à Brunoy.