Acte III, scène v
la Grâce , mais les saillies et les premières escarmouches de la libre pensée contre la théocratie et le sacerdoce . Le confident d'OEdipe lui dit, à la fin du second acte :
Tandis que par vos soins vous pouvez tout apprendre, Quel besoin que le Ciel ici se fasse entendre? Ces Dieux , dont le pontife a promis le secours , Dans leurs temples, seigneur, n'habitent pas toujours. On ne voit point leur bras si prodigue en miracles : Ces antres, ces trépieds, qui rendent leurs oracles, Ces organes d'airain que nos mains ont formés Toujours d'un souffle pur ne sont pas animés. Ne nous endormons point sur la foi de leurs prèlres : Au pied du sanctuaire il est souvent des traîtres, Qui, nous asservissant sous un pouvoir sacré, Font parler les Destins, les font laire à leur gré.
Lorsque le grand prêtre, sur l'ordre d'OEdipe, fait connaître quel est le meurtrier de Laïus , et dit que ce meurtrier est OEdipe lui-même, celui-ci n'hésite pas à le traiter de « prêtre imposteur », et s'écrie :
Voilà donc des autels quel est le privilège î Grâce à l'impunité, ta bouche sacrilège, Pour accuser ton Roi d'un forfait odieux , Abuse insolemment du commerce des Dieux! Tu crois que mon courroux doit respecter encore Le ministère saint que ta main déshonore. Traître, au pied des autels il faudrait t' immoler, A l'aspect de tes Dieux que ta voix fait parler *.
La pièce se termine par un cri de révolte d'OEdipe, non contre le Destin, mais contre les Dieux :