Acte iil , scène iv
Impitoyables Dieux! mes crimes soot les vôtres, Et vous m'en punissez !...
et par un blasphème de Jocaste qui dit en se tuant :
Au milieu des horreurs dont le Destin m'opprime, J'ai fait rougir les Dieux qui m'ont forcée au crime;
trait de déclamation glacée, à la Sénèque, et qui s'éloigne autant de l'esprit religieux de Sophocle que de sa poésie simple et pathétique.
Ainsi partout Voltaire a cru devoir remplacer l'antique Fatalité par les Dieux et leurs interprètes ; accusant ceux-ci d'imposture; et cependant la fin démontre qu ils n'ont dit que la vérité : conception légère, manquant de force et de suite; œuvre d'un esprit jeune, moins occupé de la justesse de l'ensemble que de l'éclat des morceaux brillants. S'il a trouvé quelques détails ingénieux; par exemple pour pallier l'invraisemblance fondamentale du sujet, quand OEdipe s'excuse de n'avoir adressé jamais la moindre question à Jocaste sur les circonstances de la mort de Laius :
Madame, jusqu'ici respectant vos douleur-, Je n'ai point rappelé le sujet de vos pleui s • ;
trop souvent les assaisonnements du goût français altèrent la simplicité du modèle grec. A l'âge où l'on ne doute de rien, Voltaire s'imagina avoir fait de