‹ Le theatre de VoltaireChapitre 111 sur 161 · Héauton-timoruménos, acte III, vers 22 à · texte numérisé non relu

Héauton-timoruménos, acte III, vers 22 à

Diderot adorait-il Térence. en qui il saluait le précurseur1 de la comédie pathétique, que lui-même allait tenter de ressusciter en prose , après les pièces de La Chaussée qui étaient en vers . Il a consacré à Térence quelques pages délicieuses, enlevées de verve .

Voltaire a-t-il songé à la pièce de Térence? On ne le voit pas . Quant au titre de la sienne, il est évidemment pris de la belle parabole de l'Évangile. Mais il a donné à l'Enfant prodigue le costume et les mœurs du xvme siècle : avec cela, cependant, un nom grec , Euphémon , — pendant que le valet se nomme Jasmin , et que l'action se passe à Cognac. Voilà bien du bariolage. — La pièce ne justifie le titre qu'à moitié : car ici ce n'est pas d'abord le père qui pardonne à l'enfant prodigue ; c'est l'amante , à l'amant ; et , après cela seulement , le pardon de l'amante amène celui du père :

Suivez, suivez, pour cet infortuné, L'exemple heureux que l'amour a donné s.

Conception inférieure et à celle de Térence et à celle de l'Évangile. Inutile de nous y arrêter: le pathétique y est médiocre, et le bouffon, glacé.

1. Bien entendu, parce que nous n'avons pas Ménandre, que Térence souvent n'a fait que traduire, mettant deux comédies en une.. Voir l'Essai sur Ménandre par Ch. Benoit, Paris, Firmin Didot , 1854, et YÉtude sur Ménandre par Guillaume Guizol , Paris , Didier , 1855 .

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