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ges de l'ancienne Grèce. D'ailleurs lu table la plus mal ourdie est exécutée (l'une manière si faible, le coloris de toute la pièce esl -i terne, si peu animé, qu'on a de la peine à y retrouver l'auteur de Bruttu et de Mahomet. .Mais une pièce faible ou mauvaise, après tanl de chefs-d'œuvre, nesaurail diminuer la gloire du premier homme de la nation, et, si Olympie ne peut mériter le suffrage des juges éclairés, elle plaira toujours au peuple par la pompe el la variété de son spectacle. Au reste, ce sujet appartient à l'opéra plutôt qu'au théâtre tragique. — M. <le Voltaire travaille actuellement à une nouvelle tragédie , qui aura pour titre : Pierre de Castilte, surnommé le Cruel1.
Ces impressions d'un contemporain, espril très êminent . très éclairé et très sympathique à l'auteur, nous dispensent d'analyser la pièce. Disons seulement qu'elle se passe dans le temple d'Éphèse, où l'on célèbre les grands mystères : que, par suite, elle est accompagner de notes abondantes sur ces grands mystères, et sur tout ce qui s'y rapporte, ou même ne s'y rapporte pas. D'après ces notes, l'œuvre est destinée à prouver que « ton- les peuples policé>. à l'exception de celui qu'on appelait le peuple de Dieu, croyaient à l'immortalité de lame, à des peines et récompenses dans une autre vie. » Rappro-
1. On trouve en effet une tragédie de Don Pï'dre dans le théâtre de Voltaire ; nuis celle pièce ne fut jajoais représentée.
SS'l LE ROMANTISME DES CLASSIQUES
chez cela de la profession de foi de Socrate dans la pièce que nous venons de voir , et de la belle page du Dictionnaire philosophique 1 où Voltaire se montre déiste si convaincu, si éloquent, et même cbré a unitaire comme le sera Channing , et vous ne pourrez plus douter de l'inexactitude avec laquelle on le présente comme un homme ennemi de toute religion. Autant il est l'adversaire déclaré de la superstition et du fanatisme, autant il est l'apôtre constant de l.i religion naturelle, de la morale universelle, indépendante des dogmes particuliers qui divisent tes hommes tandis que la morale les réunit.
Observons maintenant les prog la lutte.
Quelques années après Olympie, l'hiérophante paisible de cette pièce est remplacé par les prêtres de Pluton, monstres altérés de sang. « Que s'est-il donc passé? Calas a été roué, Sirven menacé du même sort, La Barre a été décapité. Voltaire ne se possède plus : il écrit mémoires sur mémoires, lettres sur lettres, pamphlets sur pamphlets, Traité de la Tolérance ; il faut qu'il obtienne justice ; il faut surtout qu'il jette au dehors l'indignation, la pitié doulou-
1. Article Religion, section II. Voir ci-dessus, p. 30 et 31.