Paul Albert. XVII kap. VIL
il se la dédie à lui-même : ruse déjà employée par lui quelques aimée? auparavant, lorsqu'il avait fait endosser au marquis de Ximénès, amant de madame Denis, les lettres critiques sur la Nouvelle Héloise.
« Cette tragédie est précédée d'une Préface qui n'a été faite que pour apprendre au lecteur qu'il faut substituer partout les Français aux Romains, la Seine ou le Danube à l'Oronte, et les Chrétiens aux Guébres ou Perses. L'auteur distribue en passant une bonne leçon aux souverains qui s'imaginent que la fidélité de leurs sujets tient à un culte qui leur soit commun avec eux; aux ministres des autels, qui sont destinés à prier pour les hommes, et non à les égorger; moins sages parmi nous que chez les idolâtres, où la prétresse, appelée pour maudire Alcibiade convaincu d'impiété , répondit : « Je suis prêtresse pour bénir et non pour maudire »...; aux peuples, à qui il recommande l'hu inanité, l'indulgence, la justice universelle... ; les rapprochant les uns des autres par le droit de fraternité qui les lie, et que la diversité des opinions religieuses ne doit jamais rompre1... »
Quoique la pièce soit d'une couleur qu'on appellerait aujourd'hui anticléricale, l'auteur, dans cette Préface apologétique , se pique d'impartialité , non sans apparence : « Si les prêtres des faux dieux, dit-il, abusent cruellement de leur pouvoir dans