‹ Le theatre de VoltaireChapitre 146 sur 161 · Le premier acte se termine par ces deux vers · texte numérisé non relu

Le premier acte se termine par ces deux vers

Vous adorez les dieux de l'inhumanité,

Et je sers contre vous le Dieu de la bonté.

Deux vers de la même force poétique que les deux de Mahomet cités plus haut, p. 165, sur une pensée analogue. On dirait que, quand la pensée est bonne, Voltaire en profite pour faire des économies de style, ne voulant pas brûler !a chandelle par les deux bouts .

vu plusieurs de me- compatriotes qui regardent du même œil Joad et Cromwell ; ils disent que l'un et l'aul' vent de la religion pour faire mourir

leurs monarques . J'ai vu même des gens difficiles qui disaient que le prêtre Joad n'avait pas plus le droit d'assassiner Athalie que votre jacobin Clément n'en avait d'assassiner Henri HT. On n'a jamais joué Athalie chez nous : je m'imagine que c'est parce qu'on y déteste un prêtre qui assassine sa Reine sans la sanction d'un acte passé en Parlement. — i | peut-être, lui répondis-je, parce qu'on ne tue qu'une seule reine élans cette pièce; il en faut des douzaines aux Anglais, avec autant de spectres. — Non. croyez-moi, me répliqua- t-il, si on ne joue point Athalie à Londres, c'est qu'il n'y a point assez d'action pour nous ; c'est que tout s'y passe en longs discours ; c'est que les quatre premiers actes entiers sont des préparatifs ; c'est que Josabeth et Mathan sont des personnages peu agissants; c'est que le grand de cet ouvrage consiste dans

l'extrême simplicité et dans l'élégance noble du style. La simplicité n'est point du tout un mérite sur notre théâtre ; nous voulons bien plus de fracas, d'intrigue, d'action, et d'événements Variés. Les autres nations nous blâmenl ; mais sont-elles droit de vouloir nous empêcher d'avoir du plaisir à notre manière? En fait de goût, comme de gouvernement, chacun doit être le maître chez soi. »

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Ainsi, après avoir autrefois exprimé une admiration presqu serve, littérairement du moins, à l'égard <\ .[/Italie, alors qu'il signait cequ il écrivait, ici couvert d'un pseudonyme, Voltaire, laisse entraîner par la polémique, el en vient à mêler aux critiques philosophiques el morales critiques même littéraires, mises à la vérité dans la bouche d'un compatriote de Shakspeare. Nous ne prétendons pas que m les un - ni les autres manqn ni de justesse ; nous remarquons seulement le changement de front.

Dans ce même Discours, si curieux à divers titres, l'auteur masqué développe ce point «le la théorie romantique, recueilli dans n >tre leçon spéciale sur ce suj l 1. comme quoi et pour quoi il a voulu mettre sur la scène des personnages de condition commune. Nous n'avons pas à y re\ nir, si ce n'est pour remarquer que ce n'est pas le tout de prendre des personnes de professions quelconques, si on les l'ait toujours parler dans le même style que les mis et les reines de tragédie, ou que le poète phil Or l'auteur parle ici plus que

jamais à la place de - - personnage?. Qu'il mette sur le théâtre un jardinier et la fille de ce jardinier, nous les accueillons de grand cœur; mais est-ce bien une jardinière , guèbre ou non g . qui

s'exprime comme fait celle-ci, par exemple dans le monologue qui termine le troisième acte .'

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