‹ Le theatre de VoltaireChapitre 32 sur 161 · LA MORT DE CÉSAR · texte numérisé non relu

LA MORT DE CÉSAR

goût, a fait un chaos du théâtre qu'il a créé1. Ses pièces sont des monstres, dans lesquels il y a des parties qui sont des chefs-d'œuvre de la nature. Sa tragédie intitulée la Mort de César"1 commence par son triomphe au Capitole, et finit par la mort de Brutus et de Cassius à la bataille de Philippes. On assassine César sur le théâtre. On voit des sénateurs bouffonner avec la lie du peuple. C'est un mélange de ce que le tragique a de plus terrible et de ce que la farce a de plus bas. Je ne fais que répéter ici ce que j'ai souvent ouï dire à celui dont je donne l'ouvrage au publie. — 11 se détermina, pour satisfaire ses amis, à faire un Jules César qui, sans ressemblera celui de Shakspeare, lût pourtant tout entier dans le goût anglais. — On dit que c'est la première pièce (parmi celles qui méritent d'être connues) où l'on n'ait point introduit de femmes... »

Tels sont les principaux traits de l'Avertissement, qui a l'air de dire toute la vérité, mais qui nedil pas formellement et nettement que Voltaire a fait passer dans sa pièce cette belle scène d'Antoine; << silence d'autant plus significatif que cette scène capitale se

1. Assertion très inexacte, de toute façon. Shakspeare est plutôt le démiurge qui est venu faire la lumière et mettre l'ordre dans ce chaos. Voltaire, plus justement dans un autre passage (Essai sur les Mœurs, chapitre CLXX1X) , dit que Sli.ikspeare dégrossit le théâtre barbare de sa nation. Voir les belles études de AI. Alfred Alézières sur Shakspeare, ses Œuvres, et ses Critiques. — Paris, Charpentier, 1860.

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