‹ Le theatre de VoltaireChapitre 34 sur 161 · Voir ci-dessus, pages 87 à · texte numérisé non relu

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LA MURT DE CÉSAK 1:27

lège d'Harcuurl (aujourd'hui lycée Saint-Louis . et, seulement huit ans plus laid, a la Comédie- Française, cette tragédie y eut peu de succès : sept représentations en tout. Ce] endant elle fut reprise,

de loin en loin. Une tragédie san< personnages de fi iinues peut être de mise dans un collège ou dans un couvent ' ; niais elle n'a guère de chance de réussite devant un public parisien.

Outre l'Avertissement dont nous venons de citer quelques ligne-, il y a une Préface en date de la même année 1730, où l'auteur dit : o 11 est aisé d'apercevoir dans la tragédie de la Mort de César le génie et le caractère des écrivains anglais, aussi bien que celui du peuple romain. On y voit cet amour dominant de la liberté, et ces hardiesses, que les auteurs français ont rarement. »

Par dessus cet Avertissement ei cette Préface, il y a une Lettre de M. Algarotti à M. Vabbè Franchini, Envoyé de Florence à Paris, sur la tragédie de Jules César, par M. de Voltaire, lettre probablement inspirée ou même fournie toute faite comme l'Avertissement attribué à l'abbé de la Marre. « .M. de Voltaire, y est- il dit, a imité en quelques endroits Shakspeare, poète anglais, qui a réuni dans la

1. En 1748, cette pièce sans femmes fut jouée au couvent des Visitandines de Beaune par les jeunes demoisehes pensionnaires, pour la fête de la Prieure, cousine de madame Du Chàtelet. Voltaire, à cette occasion, composa un Pro.ogue en vers, qu'une jeune pensionnaire récita. Il est parmi ses Poésies ; il n'olfre rien de remarquable.

même pièce les puérilités les plus ridicules et les morceaux les plus sublimes. Il en a fait le même usage que Virgile faisait des ouvrages d'Ennius : il a imité de l'auteur anglais les deux dernières scènes '. qui sont les plus beaux modèles d'éloquence qu'il y ait au théâtre.

Quum fluerel lutulentus, erat quod lollere veltes -. »

Le dernier trail est un peu fort. Vous savez le mot prêté à Virgile, qui « trouvait parfois de l'or et des perles dans le fumier d'Ennius ». Il ne me paraît guère vraisemblable que Virgile, dont la modestie égalait le génie, ait jamais parlé en ces tenues d'un grand poète son devancier ; mais, appliquée de Voltaire à Shakspeare, l'image est singulièrement ou t reçu idante,

Notre auteur a donc essayé de faire du Shakspeare et du Corneille en môme temps. S'il n'a pas le mouvement prodigieux de l'un, ni sa réalité vivante, il a parfois assez bien imité l'élévation et la majesté de l'auteur de Cinna ; par exemple, dans ces paroles de Brutus à César :

1. Les deux dernières scènes, non delà pièce de Shakspeaie, mais de la pièce française dont on parle. Je n'oserais dire que cette ambiguïté soit calculée, mais elle existe.

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