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• d paisible sommeil pi Brutus, jusqu'au poète Cinna pour une ressemblance de nom, chaque incident, chaque personnage , est un trait de la vie humaine dans les révolutions. Le costume, le langage antique, est souvent altéré, par ignorance; mais la nature, toujours devinée. — Voltaire fait autrement : il
transforme l'histoire, il invente au delà : ce vague soupçon que Brutus était fils de César devient le nœud même et l'intérêt dominant de son drame ; l.i grande lutte du Sénat contre l'Empire se cache dans un parricide '. »
A tout prendre, sa tragédie n'est qu'un bel assaut de discours. Les vers ><>nt plus fermes el plus serrés que ceux de la plupart de ses autres pièces, excepté l'Œdipe. Historiquement, le sujet est h peine effleuré. « C'est une sorte de dialogue théâtral entre deux entêtés, finissant par un coup de poignard, qui d'ailleurs ne résout rien ». »
L'auteur a cru, sans doute, donner à son œuvre un caractère de majesté sévère en n'y mettant aucun personnage de femme. Shakspeare n'a pas craint, lui, de mettre dans sa vaste fresque une ou deux femmes : et justement celles des deux adversaire-. Celle de Brutus , Portia , digne d'un tel mari , et vraie tille de Caton , est une noble et délicate figure , qui certes n'ôte rien à la sévérité du drame historique en ses parties les plus hautes. L'autre , femme d'un ambitieux corrompu , est ce qu'elle doit être , et fait contraste, comme il convient.
La plèbe romaine est mise en mouvement par le grand Will , auteur, acteur et chef de troupe, avec
1. xww siècle, 9» leçon. Voir sur cette leçon telle que Villcmain la prononça, les pages é. incelantes de M. Legouvé, Soixante ans de souvenirs, l'c partie, p. 117 à 120. — Paris, Hetzel, 188 i.