‹ Le theatre de VoltaireChapitre 43 sur 161 · ALZIRE OU LES AMÉRICAIN · texte numérisé non relu

ALZIRE OU LES AMÉRICAIN

Pour le vrai Dieu, Montèze a quitté ses (aux dieux

Lui-même de sa fille a dessillé les yeux.

Dr tout ce Nouveau Monde Alzire es: le modèle...

Le père, plus politique que patriote, veut la forcer de fléchir sa fierté devant les vainqueurs et d'épouser don Guzman, gouverneur espagnol du Pérou. 11 l'avait pourtant promise à un autre; mais, comme od croil que ce fiancé a été tué dans un combat, il pense que sa parole est dégagée. Alzire, malgré les volontés d'un père , entend demeurer fidèle à ce mort. Le gouverneur, mal accueilli, lui en fait un reproche galant, qui se termine par œ vers :

Et ce cœur est jaloux des pleurs que vous \ei

Alzire lui répond, non moins galamment :

Ayez moins de colère et moins de jalousie.

Un rival au tombeau doit causer peu d'envie.

Je l'aimai, je l'avoue, et tel fut mon devoir :

De ce monde opprimé Zamore était l'espoir;

Sa foi me fut promise, il eut pour moi des charmes,

Il m'aima : son trépas me coûte encor des larmes.

Vous, loin d'oser ici condamner ma douleur.

Jugez de ma constance et connaissez mon cœur ;

Et, quittant avec moi cette fierté cruelle,

Méritez, s'il se peut, un cœur aussi fidèle. '

.Nous trouvons, nous, que don Guzman n'est pas si cruel, ni si fier ; et que, si Alzire a o un cœur sauvage », ses discours ne le sont point trop. La couleur locale, pour être dans l'intention du poète,

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