‹ Le theatre de VoltaireChapitre 44 sur 161 · Acte I, scène · texte numérisé non relu

Acte I, scène

ne se trouve guère dans les expressions de son héroïne, ni dans le style des autres personnages. Le Péruvien Zamore, le héros bien -aimé, qui n'a point péri comme on le croyait, et qui a été seulement fait prisonnier, s'exprime en périodes oratoires; il dit à ses compagnons de captivité :

Illustres compagnons de mon funeste sort , N'obtiendrons -nous jamais la vengeance ou la mort... ?

Tout en voulant faire du nouveau, le poète a la mémoire pleine de Corneille et de Racine, et se laisse aller aux réminiscences. Ainsi, Alzire, que l'on a contrainte à la fin d'épouser Guzman, voyant reparaître Zamore, qu'elle n'a jamais cessé d'aimer , se trouve dans la même situation que Pauline à l'égard de Sévère, et d'autre part se livre à des antithèses qui rappellent les stances du Cid :

Zamore, tu m'es cher, je t'aime, je le doi ; Mais, après mes serments, je ne puis être à toi ! Toi, Guzman, dont je suis l'épousa et la victime, Je ne puis être à toi, cruel, après ton crime. Qui des deux osera se venger aujourd'hui? Qui percera ce cœur que l'on arrache à lui ? — Toujours infortunée, et toujours criminelle, Perfide envers Zamore, à Guzman infidèle, Qui me délivrera , par un trépas heureux , De la nécessité de vous trahir tous deux ' ?

C'est le même thème oratoire que celui de Rodrigue :

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