Acte IV, scène iv
contre son gré, Alzire est une personne bien élevée, qui demeurera fidèle au devoir.
Je vais seule en ces lieux où l'horreur me consume Languir dans les regrets, sécher dans l'amertume, Mourir dans le remords d'avoir trahi ma foi , D'être au pouvoir d'un autre et de brûler pour toi ! Pars , emporte avec toi mon bonheur et ma vie ; Laisse- moi les horreurs du devoir qui me lie : J'ai mon amant ensemble et ma gloire à sauver; Tous deux me sont sacrés, je les veux conserver.
En vain cet amant lui remontre que ce n'est pas aux Dieux de ses pères, aux Divinités péruviennes, qu'elle a fait la promesse d'appartenir à don Guzman ; Alzire répond avec noblesse :
J'ai promis, il suint: il n'importe à quel Dieu.
Sans vouloir déprécier les quatre vers que nous avons cités sur le pardon des injures, on peut dire que celui-ci les égale pour le moins en délicatesse morale .
De môme que, dans Zaïre., les mœurs cl les vertus chrétiennes faisaient contraste aux mœurs et vertus musulmanes, celles-ci étant presque mises en balance avec celles-là l, de même ici la vertu chrétienne fait antithèse à la vertu naturelle, et le poète philosophe, quoi qu'il en dise dans son Épitre
1 Orosmane, acte I, scène iv :
Chrétien, je suis coûtent de ton noble courage; . liais ton orgueil ici serait il flatté D'etfacer Orosmane en générosité.?...
Etc.