‹ Le theatre de VoltaireChapitre 47 sur 161 · ALZIRE OU LES AMERICA IN S 1 H · texte numérisé non relu

ALZIRE OU LES AMERICA IN S 1 H

dédicatoire , les tient en équilibre ou à peu près . Disons, si vous voulez, que, la Péruvienne étant devenue chrétienne (aïeule d'Atala), sa vertu naturelle et sauvageonne semble ainsi s'être comme achevée et rendue plus parfaite aux yeux d'un public français. C'est une des habiletés poétiques de Voltaire. Qu'après cela il convienne à l'auteur du Génie du Christianisme de prendre au mot lHpitre dédicatoire, il y a apparence cependant qu'ici comme dans Zaïre, si Voltaire s'est teint des couleurs chrétiennes, c'était surtout par m oratoires et dramatiques. Ailleurs il est chrétien plus réellement1.

l<i , comme dans Œdipe et dans Zaïre, il a su mettre de quoi contenter tout le inonde, les chrétiens et les philosophes. Ceux-ci pouvaient se plaire à la tirade d' A lzire pour le suicide :

0 Ciel, anéantis nia fatale existence... Quoi ! ce Diea que je sers me laisse sans secours ! Il défend à mes mains d'attenter sur nus juins ' Ah ! j'ai quitté des Dieux dont la bonté facile M ' permettait la mort, la mort, mon seul asile! Eh ! quel crime est-ce donc, devant ce Dieu jaloux, De bâter un moment qu'il nous prépare à tous ? Quoi ! du calice amer d'un malheur si durable Faut-il boive a longs traits la lie insupportable ? Ce corps vil et mortel est-il donc si sacré, Que l'esprit qui le meut ne le quitte à son gré : ?

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