LE FANATISME OU MAHOMET LE PROPHÈTE
Après Alsire et avant Mahomet, Voltaire donna la tragédie de Zulimc et l'opéra de Pandore, — dont je ne dirai que deux mots .
Zulime est aussi un roman eo vers et en dialogue. Sujet tiré de l'histoire des Maures. Est-ce encore le Maure de Venise qui a conduit de ce côté l'imagination du poète?
Zulime, fille d'un chef africain, — on ne dit pas si elle est négresse 1, — s'est énamourée d'un
1. L'uuteur cependant , parlant de ce projet de pièce, dit : « Le trait cri n ;ir ! »
loi LE ROMANTISME DES CLASSIQUES
prisonnier espagnol, qu'elle enlève. Elle ignore qu'il en aime une autre, avec laquelle il est uni. Lui, se laisse faire volontiers : il s'agit de la liberté, et peutêtre de la vie . Mais , échappé à ce péril , il se hâte d'échapper aussi à l'Africaine, et à la bigamie. Zulime abandonnée se tue. Et son mot de la fin est le meilleur. Arrachant le poignard à sa rivale, elle ie :
C'est à moi de mourir, puisque c'est toi qu'on aime !
Mais cela n'empêche pas le cinquième acte d'être fr lid, de l'aveu même de l'auteur : « Froid cinquième acte , vous dis-je * . » Zulime , qu'il appela aussi Faaime, est à peu près le sujet deBajazet, continué par celui d'Ariane, avec répétition du prisonnier à'Alzire, rappelant les aventures réelles de Cervantes et celles de Regnard ; le tout extrêmement faible, et sans intérêt.
Quant à l'opéra de IJandore , c'est au fond à peu près le même sujet que celui de Pygmalion et Galatée. Promêthée a formé Pandore, et l'aime et ne peut, en être aimé :
Quoi! .ai formé ton cœur, et tu n'es pas sensible2!